Céder son entreprise à la retraite : l'abattement de 500 000 €
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Ordre de mouvement, registre des titres, enregistrement à 0,1 % : la cession d'actions de SAS est légère. Ce sont les statuts qui posent les vraies contraintes.
Ordre de mouvement, registre des titres, enregistrement à 0,1 % : la cession d'actions de SAS est légère. Ce sont les statuts qui posent les vraies contraintes.
La SAS doit une partie de son succès à la souplesse de son capital. Céder des actions y est nettement plus simple que céder des parts de SARL, mais cette légèreté légale a une contrepartie : tout ce que la loi ne dit pas, les statuts le disent, et il faut les lire avant de négocier.
La cession se réalise par l’inscription au registre des mouvements de titres, effectuée sur présentation d’un ordre de mouvement signé par le cédant. Le compte individuel d’actionnaire de l’acquéreur est alors crédité. C’est cette inscription, et elle seule, qui opère le transfert de propriété.
Aucune signification à la société n’est nécessaire, aucune modification des statuts non plus, puisque ceux-ci ne mentionnent pas la répartition du capital. Aucun dépôt au greffe n’est requis au titre de la cession elle-même.
Le formalisme minimal ne dispense pas d’un contrat. L’ordre de mouvement ne dit rien du prix, des conditions suspensives, des déclarations du cédant sur la société ni de la garantie d’actif et de passif. C’est l’acte de cession qui porte l’économie réelle de l’opération, et sa qualité détermine ce que l’acquéreur pourra réclamer si un passif apparaît ensuite.
La cession d’actions supporte un droit de 0,1 % du prix, sans abattement, contre 3 % après abattement pour les parts sociales. Ce taux passe à 5 % si la société est à prépondérance immobilière. Lorsque la cession est constatée par un acte, celui-ci doit être enregistré dans le mois.
La liberté d’organisation de la SAS déplace les règles du code vers les statuts. Trois familles de clauses conditionnent une cession.
L’agrément soumet l’entrée d’un nouvel actionnaire à l’accord d’un organe désigné par les statuts. Le droit de préemption impose d’offrir d’abord les titres aux actionnaires en place. L’inaliénabilité interdit temporairement toute cession, dans la limite de dix ans et à condition d’être justifiée par un intérêt social sérieux.
Une cession réalisée en violation d’une clause statutaire est nulle. La lecture des statuts est donc le premier réflexe, avant même d’entrer en négociation.
Les mêmes mécanismes figurent souvent dans un pacte d’associés. La différence est de portée : la violation d’une clause statutaire entraîne la nullité de la cession, celle d’une clause du pacte n’ouvre en principe qu’à des dommages et intérêts. Vérifier les deux documents évite de découvrir tardivement un engagement contraignant.
Une clause d’agrément ou de préemption oubliée peut faire échouer une opération avancée. Notre expertise en fusions-acquisitions commence par cet audit des documents sociaux.
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