Céder son entreprise à la retraite : l'abattement de 500 000 €
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Entre associés, la cession de parts de SARL est libre par principe. Mais les statuts peuvent restreindre cette liberté, et les formalités restent identiques.
Entre associés, la cession de parts de SARL est libre par principe. Mais les statuts peuvent restreindre cette liberté, et les formalités restent identiques.
Racheter les parts d’un associé qui s’en va paraît une opération interne, presque domestique. C’est pourtant une cession à part entière, dont seul le filtre de l’agrément est allégé.
La loi rend librement cessibles les parts entre associés d’une SARL. Le raisonnement est simple : les personnes en présence se connaissent déjà, l’intuitu personae qui justifie le contrôle des entrées n’est pas en cause. Sont également libres, par principe, les cessions au conjoint, aux ascendants et aux descendants.
Cette liberté n’est pas d’ordre public. Les statuts peuvent soumettre à agrément les cessions entre associés, comme celles au profit du conjoint ou des héritiers. La clause est fréquente dans les sociétés où l’équilibre du capital est sensible.
La loi pose toutefois une limite : les conditions imposées à ces cessions ne peuvent pas être plus strictes que celles applicables aux cessions à des tiers. Une clause qui durcirait la sortie vers un coassocié plus que vers un inconnu serait inopérante.
Une cession entre associés ne fait pas entrer un tiers, mais elle redistribue le pouvoir. Un associé qui franchit le seuil de la moitié des parts prend le contrôle des décisions ordinaires ; celui qui atteint les deux tiers maîtrise les décisions extraordinaires, dont la modification des statuts.
À l’inverse, l’associé qui tombe sous le tiers perd sa minorité de blocage. Ces seuils méritent d’être vérifiés avant de signer, et justifient parfois de compléter l’opération par un pacte d’associés.
L’allègement s’arrête à l’agrément. L’acte écrit reste nécessaire, la cession doit être rendue opposable à la société par signification ou dépôt au siège, l’acte enregistré dans le mois au taux de 3 % après abattement de 23 000 € proratisé, et les statuts modifiés puis déposés au greffe.
Entre associés, le prix se négocie sans les repères d’un processus de vente ouvert. En cas de blocage, les parties peuvent recourir à un expert désigné d’un commun accord ou par le président du tribunal, dont l’évaluation s’impose à elles. Anticiper ce mécanisme dans un pacte évite bien des impasses.
Les cessions entre associés se négocient mieux quand les règles ont été fixées à froid. Notre expertise en fusions-acquisitions couvre aussi bien la cession elle-même que les pactes qui l’encadrent.
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