Céder son entreprise à la retraite : l'abattement de 500 000 €
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
0,1 % pour les actions, 3 % après abattement pour les parts sociales, 5 % en prépondérance immobilière. Barèmes, calcul de l'abattement et redevable.
0,1 % pour les actions, 3 % après abattement pour les parts sociales, 5 % en prépondérance immobilière. Barèmes, calcul de l'abattement et redevable.
Les droits d’enregistrement sont souvent traités comme une formalité de fin de dossier. Sur une opération à plusieurs millions, ils représentent pourtant un poste de coût qui varie d’un facteur trente selon la forme de la société.
La cession d’actions, en SAS ou en SA, supporte un droit de 0,1 % du prix de cession, sans abattement.
La cession de parts sociales, en SARL, SNC ou société civile, supporte un droit de 3 %, calculé après application d’un abattement de 23 000 € proratisé.
La cession de titres de sociétés à prépondérance immobilière supporte un droit de 5 %, quelle que soit la forme de la société. Cette qualification s’applique lorsque l’actif est principalement composé d’immeubles ou de droits immobiliers non affectés à l’exploitation.
L’abattement n’est pas de 23 000 € par cession : il est proratisé au nombre de parts cédées.
La formule retenue est de 23 000 € multipliés par le nombre de parts cédées, divisé par le nombre total de parts composant le capital social.
Un associé qui cède 250 des 1 000 parts d’une SARL bénéficie donc d’un abattement de 5 750 €. Celui qui cède la totalité du capital bénéficie de l’abattement plein de 23 000 €.
Sur une cession portant sur 100 % du capital pour un prix de 1 000 000 €.
En SARL, la base taxable s’élève à 977 000 € après abattement, et le droit à 29 310 €.
En SAS, le droit s’élève à 1 000 €.
En société à prépondérance immobilière, il atteint 50 000 €.
L’écart entre les deux premières situations, soit 28 310 €, explique l’intérêt régulièrement porté à la transformation d’une SARL en SAS avant cession.
Sauf clause contraire, les droits sont à la charge de l’acquéreur. Les parties peuvent en convenir autrement dans l’acte, mais elles restent solidairement tenues envers l’administration fiscale.
Cette solidarité n’est pas théorique : un vendeur peut être recherché en paiement si l’acquéreur ne s’est pas acquitté des droits. La vérification de l’accomplissement de la formalité fait donc partie du suivi post-closing du côté vendeur.
L’acte constatant la cession doit être enregistré dans le mois de sa signature auprès du service des impôts des entreprises compétent. Le retard expose à un intérêt de retard et à une majoration.
Pour une cession de parts de SARL, l’enregistrement précède en pratique le dépôt au greffe des statuts mis à jour, ce qui en fait une étape bloquante de la chaîne des formalités.
Le droit est assis sur le prix exprimé, mais l’administration peut retenir la valeur vénale réelle des titres si elle estime le prix minoré.
Une cession entre proches à un prix de complaisance expose donc à un redressement en droits d’enregistrement, indépendamment des conséquences en matière de plus-value et de donation déguisée. Une évaluation documentée protège les deux parties.
Le coût des droits pèse sur la capacité de l’acquéreur à payer, donc sur le prix atteignable. Notre expertise en fusions-acquisitions intègre ce paramètre dès le cadrage de l’opération.
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