Céder son entreprise à la retraite : l'abattement de 500 000 €
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
La holding rachète les titres, s'endette, et rembourse grâce aux remontées de dividendes. Régime mère-fille, intégration fiscale et limites du montage.
La holding rachète les titres, s'endette, et rembourse grâce aux remontées de dividendes. Régime mère-fille, intégration fiscale et limites du montage.
Racheter une société par l’intermédiaire d’une holding n’est pas un artifice réservé aux grandes opérations. C’est le montage standard de la reprise de PME, parce qu’il résout un problème simple : rembourser un emprunt avec des revenus faiblement fiscalisés.
Le repreneur constitue une société holding, qu’il capitalise avec son apport personnel. Cette holding contracte un emprunt bancaire et rachète les titres de la société cible.
La société rachetée, désormais filiale, remonte ensuite des dividendes à la holding. Ces dividendes servent à rembourser l’emprunt.
Un repreneur qui emprunte à titre personnel doit rembourser avec des revenus nets d’impôt. Pour dégager 100 € de remboursement, il doit percevoir environ 146 € de dividendes bruts, une fois supportée la flat tax de 31,4 %.
La holding, elle, encaisse les dividendes de sa filiale sous le régime mère-fille : ils sont exonérés d’impôt sur les sociétés, sous réserve de la réintégration d’une quote-part de frais et charges de 5 %. La charge fiscale effective sur les remontées devient marginale.
À capacité bénéficiaire identique, la société rachetée peut donc rembourser un emprunt sensiblement plus important via une holding qu’en direct.
Il suppose que la holding détienne au moins 5 % du capital de la filiale et conserve ces titres pendant au moins deux ans.
Les dividendes remontés sont alors exonérés, à l’exception d’une quote-part de frais et charges de 5 % réintégrée au résultat imposable de la holding. Le coût fiscal réel des remontées s’établit donc autour de 1,25 % du dividende, pour une holding au taux normal.
Elle va plus loin. Elle suppose une détention d’au moins 95 % du capital de la filiale et permet de consolider les résultats des sociétés du groupe.
Son intérêt central dans une reprise est de permettre l’imputation des intérêts d’emprunt supportés par la holding, qui n’a pas d’activité propre et donc pas de bénéfice, sur le résultat bénéficiaire de la société rachetée. Le seul régime mère-fille ne permet pas cette imputation.
Des dispositifs anti-abus encadrent toutefois cette imputation lorsque la société rachetée est acquise auprès de personnes qui contrôlent également la holding, situation typique des rachats à soi-même.
La capacité de remboursement dépend entièrement de la capacité distributive de la filiale. Une société dont les résultats se dégradent ne remonte plus de dividendes, et la holding se retrouve en défaut.
La distribution de dividendes suppose des bénéfices distribuables et des décisions régulières d’assemblée. Elle ne doit pas priver la filiale des moyens de son exploitation, sous peine d’engager la responsabilité des dirigeants.
Les banques exigent enfin un apport personnel significatif et des garanties, souvent assorties d’un nantissement des titres et d’engagements de non-distribution ou de maintien de ratios.
Le choix entre détention directe, mère-fille et intégration fiscale se décide avant le rachat, pas après. Notre expertise en fusions-acquisitions accompagne cette structuration et sa négociation avec les prêteurs.
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