Céder son entreprise à la retraite : l'abattement de 500 000 €
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Registres à jour, marques au nom de la société, contrats signés, conformité RGPD, dépendance au dirigeant : ce qu'un repreneur vérifiera et ce qu'il décotera.
Registres à jour, marques au nom de la société, contrats signés, conformité RGPD, dépendance au dirigeant : ce qu'un repreneur vérifiera et ce qu'il décotera.
Un audit d’acquisition ne crée pas les problèmes, il les révèle. Chaque faiblesse découverte par l’acquéreur se transforme en décote, en garantie renforcée ou en séquestre. Les corriger en amont coûte presque toujours moins cher que de les négocier.
C’est le premier réflexe de tout auditeur, et le plus fréquemment pris en défaut. Les statuts doivent être à jour de toutes les modifications, le registre des mouvements de titres ou la chaîne des cessions de parts doit être complet et cohérent, les procès-verbaux d’assemblées doivent exister pour chaque exercice, y compris les approbations de comptes.
Le registre des bénéficiaires effectifs doit refléter la réalité de la détention. Une chaîne de titres incomplète est un défaut majeur : elle jette un doute sur la propriété même de ce qui est vendu.
Le point qui revient le plus souvent en PME : la marque exploitée n’est pas déposée, ou elle est déposée au nom du dirigeant et non de la société. Le nom de domaine est enregistré sur le compte personnel d’un fondateur. Le code source développé par un prestataire n’a jamais fait l’objet d’une cession de droits écrite.
Dans chacun de ces cas, l’acquéreur découvre qu’il achète une société qui ne détient pas ce qui fait sa valeur. La régularisation prend du temps, elle doit être engagée tôt.
Les contrats clients et fournisseurs stratégiques doivent être écrits, signés, et vérifiés sur un point précis : contiennent-ils une clause de changement de contrôle permettant au cocontractant de résilier en cas de cession ?
Cette clause, fréquente dans les contrats de distribution, de financement et les baux, peut faire perdre au repreneur l’essentiel de ce qu’il achète. Son inventaire conditionne parfois l’obtention d’accords préalables auprès des cocontractants.
Les conditions générales doivent être à jour, et les contrats de travail des postes clés vérifiés, notamment sur les clauses de non-concurrence et les modalités de rémunération variable.
Le registre des traitements de données, l’information des personnes concernées et les contrats de sous-traitance conformes au RGPD font désormais partie des points audités, particulièrement pour les activités numériques.
Les autorisations d’exploitation, agréments et assurances obligatoires doivent être valides et transférables. Les obligations sociales, notamment en matière de représentation du personnel, doivent être remplies.
C’est le facteur de décote le plus lourd et le plus long à traiter. Une société dont les relations clients, la technique et les décisions reposent sur une seule personne vaut structurellement moins cher, parce que l’acquéreur sait que cette valeur peut disparaître avec le départ du cédant.
Documenter les process, déléguer la relation commerciale, faire monter une équipe de direction : ce travail prend un à deux ans et se traduit directement dans le multiple obtenu.
Faire réaliser un audit sur sa propre société avant la mise en vente permet de découvrir soi-même ce que l’acquéreur trouvera. Les points corrigeables le sont, les autres sont documentés et présentés dans le dossier, ce qui neutralise leur effet de surprise.
Un dossier propre raccourcit les négociations et réduit le périmètre des garanties consenties. Notre expertise en fusions-acquisitions accompagne cette préparation aussi bien que l’opération elle-même.
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