Comment obtenir une autorisation de droit à l'image valable ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Notification aux plateformes, exceptions au droit d'auteur, référencement d'empreintes et action judiciaire contre les réutilisations massives.
Notification aux plateformes, exceptions au droit d'auteur, référencement d'empreintes et action judiciaire contre les réutilisations massives.
La réutilisation non autorisée est massive et la réponse doit être proportionnée : la notification règle l’essentiel, l’action judiciaire ne se justifie que pour les cas structurés.
La reproduction et la représentation d’une œuvre sans l’autorisation de son auteur constituent une contrefaçon.
Le créateur, titulaire des droits sur ses contenus, peut donc s’opposer à leur reprise.
Deux limites tempèrent ce principe : les exceptions légales, et la licence qu’il a lui-même concédée aux plateformes.
La courte citation, sous condition d’être justifiée par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elle est incorporée, et d’indiquer le nom de l’auteur et la source. Elle suppose une brièveté réelle et une œuvre d’accueil autonome.
La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre. Ils supposent une intention humoristique et l’absence de risque de confusion avec l’œuvre originale.
La revue de presse et l’information d’actualité, dans des conditions strictes.
Ces exceptions sont d’interprétation stricte : une republication intégrale, même commentée, ne relève d’aucune d’elles.
C’est la voie la plus rapide et la moins coûteuse.
Les hébergeurs doivent retirer promptement les contenus manifestement illicites qui leur sont notifiés, et la réglementation européenne applicable aux services numériques encadre désormais les mécanismes de notification et d’action.
La notification doit identifier précisément le contenu litigieux par son adresse, justifier de la titularité des droits, exposer en quoi la reprise est illicite et être établie de bonne foi.
Une notification abusive engage la responsabilité de son auteur.
Plusieurs plateformes proposent des systèmes de référencement d’empreintes permettant d’identifier automatiquement les réutilisations.
Ces systèmes permettent, selon le paramétrage, de bloquer la réutilisation, de la laisser en captant les revenus publicitaires, ou de suivre son audience.
La captation des revenus est souvent préférable au blocage : elle transforme la réutilisation en source de revenus.
L’accès à ces outils suppose généralement de remplir des conditions d’éligibilité.
Elle se justifie lorsque la réutilisation est systématique, organisée et significative.
Elle suppose un constat préalable par commissaire de justice, seul moyen de figer un contenu susceptible de disparaître.
L’identification du responsable peut nécessiter une procédure préalable auprès de l’hébergeur, sur autorisation judiciaire.
Le préjudice s’établit par les revenus tirés de la réutilisation, les pertes d’audience et l’atteinte au droit moral.
Elles constituent la difficulté principale.
La notification à la plateforme demeure efficace quelle que soit la localisation du réutilisateur, la plateforme étant le point de contact.
L’action judiciaire devient en revanche complexe et rarement proportionnée à l’enjeu.
Une marque qui reprend un extrait d’un contenu de créateur, hors du cadre d’un partenariat, commet une contrefaçon et porte atteinte au droit à l’image.
Cette situation, fréquente, se règle généralement par une mise en demeure débouchant sur une régularisation financière.
Elle rappelle l’intérêt de délimiter précisément les droits cédés dans les contrats de partenariat.
Incruster un signe distinctif discret dans les contenus, facilitant l’identification de la source.
Conserver les fichiers sources et les métadonnées, qui établissent l’antériorité.
Documenter la date de première publication.
Activer les outils de détection lorsqu’ils sont disponibles.
La notification règle la majorité des cas ; le contentieux se réserve aux réutilisations organisées. Notre expertise en propriété intellectuelle, média et art accompagne ces actions.
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