Un avant-après chiffré est-il autorisé en publicité ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Le lien de subordination, la présomption de non-salariat et son renversement, les indices propres à la vente par appels et les conséquences chiffrées.
Le lien de subordination, la présomption de non-salariat et son renversement, les indices propres à la vente par appels et les conséquences chiffrées.
Le modèle du closer indépendant rémunéré à la commission est devenu standard. Il repose sur une qualification que peu de contrats sécurisent réellement.
Le contrat de travail se caractérise par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements.
La qualification retenue par les parties est indifférente : le juge restitue leur exacte qualification aux conventions, au vu des conditions réelles d’exercice.
Un contrat intitulé prestation de services indépendante ne protège donc pas par lui-même.
Les personnes régulièrement immatriculées sont présumées ne pas être liées par un contrat de travail dans l’exécution de leur activité.
Cette présomption est simple : elle peut être renversée par la preuve que la personne fournit des prestations dans des conditions la plaçant dans un lien de subordination juridique permanente à l’égard du donneur d’ordre.
L’immatriculation constitue donc un point de départ favorable, non une garantie.
L’imposition d’un créneau horaire de disponibilité et d’un nombre d’appels quotidien.
L’obligation d’utiliser un script imposé, sans marge d’adaptation.
L’obligation de participer à des réunions d’équipe, des points quotidiens et des sessions de formation interne.
L’utilisation obligatoire des outils du donneur d’ordre : téléphonie, agenda, outil de gestion commerciale, avec accès aux enregistrements.
L’écoute et la notation des appels, assorties de conséquences.
L’application de pénalités ou de sanctions en cas de manquement aux règles internes.
L’exclusivité, expresse ou de fait, le closer n’ayant aucun autre client.
L’attribution des rendez-vous par le donneur d’ordre, sans que le closer ne développe de clientèle propre.
La réunion de plusieurs de ces indices caractérise le lien de subordination.
La liberté d’organiser son temps et de refuser des missions.
La pluralité de clients.
L’usage de moyens propres.
L’adaptation libre du discours commercial.
L’absence de sanction, la seule conséquence d’une contre-performance étant l’absence de commission.
La facturation par prestation identifiée.
Un closer travaillant exclusivement et constamment pour un ou plusieurs infopreneurs, sans effectuer d’opérations pour son compte personnel, dont l’engagement détermine la nature des prestations, le secteur et le taux de rémunération, peut relever du statut de voyageur, représentant ou placier.
Ce statut emporte présomption de contrat de travail.
Il est ignoré du secteur et constitue une voie de requalification particulièrement directe.
Le rappel des cotisations sociales sur les sommes versées, assorties de majorations, sur les périodes non prescrites.
Le rappel de salaires, avec application des minima conventionnels, des heures supplémentaires et des congés payés.
L’indemnisation d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, la rupture de la relation étant analysée comme telle.
La qualification de travail dissimulé, avec l’indemnité forfaitaire correspondante et une exposition pénale.
Pour une équipe de plusieurs closers, ces montants deviennent rapidement considérables.
Rédiger un contrat décrivant des livrables, non une mise à disposition de temps.
Supprimer toute stipulation traduisant un pouvoir de direction ou de sanction.
Ne pas imposer de script ni d’horaires : proposer des trames et des plages recommandées.
Accepter et documenter la pluralité de clients.
Facturer par prestation ou par période, sur la base d’un décompte contradictoire.
Éviter les rituels d’équipe obligatoires et les dispositifs de notation à conséquence.
Documenter l’autonomie : échanges attestant du refus de missions, de la liberté d’organisation, de l’existence d’autres clients.
Le contrat protège seulement s’il décrit ce qui se passe réellement. Notre expertise en droit du travail conduit ces audits.
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