Comment sécuriser une coproduction avec un autre créateur ?

Répartition des rôles et des revenus, propriété des contenus, titularité de la liste de contacts, responsabilité envers les clients et sortie.

Répartition des rôles et des revenus, propriété des contenus, titularité de la liste de contacts, responsabilité envers les clients et sortie.

Introduction

Les coproductions, lancements conjoints, offres groupées et événements en ligne réunissant plusieurs créateurs se montent vite et se règlent mal. Quelques stipulations suffisent.

Désigner le vendeur

C’est la première décision et la plus structurante.

Un seul partenaire doit contracter avec les clients : il est le vendeur, émet les factures, encaisse, supporte les obligations du droit de la consommation et répond des réclamations.

Les autres interviennent comme prestataires, coproducteurs ou apporteurs, rémunérés par une quote-part.

Une vente conjointe non organisée place les clients face à deux interlocuteurs et rend impossible la répartition des obligations.

La répartition des revenus

Elle doit reposer sur une base définie sans ambiguïté.

Revenus bruts encaissés ou nets de quelles charges : commissions de plateforme, frais de paiement, publicité, commissions d’affiliation, rémunération des closers.

Traitement des remboursements, des rétractations et des impayés.

Périodicité de reversement et obligation de rendre compte.

Droit d’accès aux données de vente, sans lequel la répartition est invérifiable.

Un compte dédié ou un tiers séquestre peut être envisagé lorsque les montants sont significatifs.

La propriété des contenus

Chaque partenaire détient des droits sur ses contributions.

L’accord doit prévoir une cession ou une licence permettant l’exploitation de l’ensemble, y compris après la fin de la collaboration.

Il doit préciser si les contenus peuvent être réutilisés par chacun séparément, et sous quelles conditions.

À défaut, l’ensemble constitue une œuvre de collaboration exploitée d’un commun accord, ce qui bloque toute réutilisation en cas de désaccord.

Les contacts collectés

C’est l’actif le plus disputé.

L’accord doit préciser qui collecte, qui est responsable de traitement, et si les contacts sont partagés.

Un partage suppose une base légale et une information des personnes au moment de la collecte : mentionner que les données seront transmises aux partenaires, en les identifiant.

Une transmission non prévue à la collecte est irrégulière, quel que soit l’accord entre les partenaires.

Lorsque les partenaires déterminent conjointement les finalités, ils sont responsables conjoints et doivent conclure un accord répartissant leurs obligations.

Les obligations envers les clients

Le vendeur désigné supporte l’ensemble des obligations : information précontractuelle, conditions de vente, rétractation, garanties, médiation.

L’accord doit organiser la contribution des partenaires à ces obligations : fourniture des contenus, réponse aux questions techniques, participation aux sessions promises.

Il doit prévoir le sort des accès en cas de défaillance de l’un : les clients ont contracté pour un ensemble et le vendeur en répond.

La conformité des messages

Chaque partenaire promeut l’offre auprès de son audience.

L’accord doit imposer le respect des règles : mentions de transparence, interdiction des promesses de résultat, exactitude des allégations.

Le vendeur est exposé au titre des pratiques mises en œuvre pour son compte, y compris celles de ses partenaires.

Une charte commune et des visuels fournis limitent le risque.

Les offres groupées

Le regroupement de plusieurs programmes dans une offre unique appelle une vigilance particulière.

Le prix de référence utilisé pour afficher une économie doit correspondre à un prix réellement pratiqué.

La disponibilité de chaque composante doit être garantie pendant la durée annoncée.

Le retrait d’une composante après la vente constitue un défaut de conformité.

La sortie

Prévoir la durée de la collaboration et les conditions de son terme.

Le sort de l’offre et des accès vendus.

La poursuite du partage des revenus sur les paiements échelonnés en cours.

Le sort des contenus et de la liste de contacts.

Une clause de médiation préalable évite l’escalade dans un milieu restreint.

Écrire l’essentiel avant le lancement

Une page d’accord évite un blocage sur l’actif le plus précieux. Notre expertise en ingénierie contractuelle rédige ces accords.

En résumé

  • Désigner un vendeur unique, qui contracte, encaisse et répond des obligations.
  • Définir précisément la base de répartition des revenus et le droit d’accès aux chiffres.
  • Prévoir une cession ou licence permettant l’exploitation après la collaboration.
  • Le partage des contacts suppose une information au moment de la collecte.
  • Organiser la continuité des accès vendus en cas de défaillance d’un partenaire.

Questions fréquentes

Qui vend, en coproduction ?
Un seul des partenaires doit être désigné comme vendeur, faute de quoi les clients ignorent leur cocontractant et les obligations de consommation deviennent impossibles à répartir.
À qui appartiennent les contacts collectés ?
Cela doit être stipulé. À défaut, chaque partenaire se prévaudra d'un droit sur la liste, alors que le partage suppose une base légale et une information des personnes.
Comment répartir les revenus ?
Sur une base définie précisément : revenus bruts ou nets de quelles charges, traitement des remboursements, des impayés et des commissions d'affiliation.

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