Abandon de poste : quelles conséquences ?
Mathilde Levasseur
Associée
Une démission légitime ouvre droit au chômage, contrairement à une démission ordinaire. Panorama des principaux cas reconnus par France Travail et procédure.
Une démission légitime ouvre droit au chômage, contrairement à une démission ordinaire. Panorama des principaux cas reconnus par France Travail et procédure.
Toutes les démissions ne se valent pas aux yeux de l’assurance chômage. Certaines, précisément énumérées, ouvrent droit aux allocations comme n’importe quel licenciement : ce sont les démissions dites légitimes.
Plusieurs cas reconnus touchent à un déménagement contraint : le mariage ou la signature d’un PACS, le suivi du conjoint pour raisons professionnelles, la fuite de violences conjugales dûment signalées, le placement d’un enfant en situation de handicap dans une structure spécialisée, ou le suivi de ses parents lorsque le salarié est mineur.
D’autres motifs tiennent au parcours professionnel du salarié : l’échec d’un projet de création ou reprise d’entreprise, l’entrée en formation qualifiante après validation d’un projet de reconversion, la fin d’un contrat aidé ou d’une mission de volontariat d’au moins un an, ou le non-versement de salaire malgré une décision de justice l’ordonnant.
France Travail reconnaît également d’autres cas plus spécifiques : le fait d’être victime d’un délit au travail, sous réserve du dépôt d’une plainte, des raisons de conscience professionnelle propres aux journalistes, ou le refus d’un employeur d’assistant maternel de respecter une obligation vaccinale légale.
Une démission motivée par un épuisement professionnel, une dépression ou un simple mal-être au travail n’entre dans aucun de ces cas reconnus, sauf à démontrer l’existence d’un autre motif légitime distinct, tel qu’un harcèlement établi.
Le salarié doit respecter son préavis contractuel avant son départ effectif, puis présenter sa demande de reconnaissance à France Travail, accompagnée des justificatifs adaptés au motif invoqué. En l’absence de reconnaissance initiale, un réexamen reste possible après 4 mois sans indemnisation.
Avant de démissionner, vérifier si sa situation personnelle correspond précisément à l’un des cas reconnus permet d’anticiper ses droits futurs. Notre expertise en droit du travail accompagne cette vérification.
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