Abandon de poste : quelles conséquences ?
Mathilde Levasseur
Associée
Démissionner pour se reconvertir peut ouvrir droit au chômage, sous conditions strictes : 5 ans d'ancienneté, projet validé par une commission paritaire.
Démissionner pour se reconvertir peut ouvrir droit au chômage, sous conditions strictes : 5 ans d'ancienneté, projet validé par une commission paritaire.
Quitter un emploi stable pour se former à un nouveau métier représente un choix engageant. Depuis quelques années, ce choix peut être sécurisé financièrement, à condition de respecter un parcours de validation strict, en amont même de la démission.
Pour prétendre à ce dispositif, le salarié doit justifier d’au moins 5 années d’activité salariée continue, soit environ 1 300 jours travaillés, au cours des 60 mois précédant sa démission, que ce soit auprès d’un seul employeur ou de plusieurs successivement.
Le salarié doit également disposer d’un projet de reconversion professionnelle réel et documenté, nécessitant le suivi d’une formation qualifiante. Ce projet ne peut pas se limiter à une intention vague : il doit s’appuyer sur des éléments concrets démontrant sa cohérence.
Point crucial : ce projet doit être validé par une commission paritaire interprofessionnelle régionale avant même la remise de la lettre de démission. Démissionner sans attendre cette validation prive définitivement le salarié du bénéfice des allocations chômage au titre de ce dispositif spécifique.
Le processus comprend six étapes : la construction du projet de reconversion, sa validation par la commission compétente, l’attente de la décision d’approbation, la remise de la lettre de démission dans le respect du préavis légal applicable, l’inscription à France Travail dans les 6 mois suivant le départ, puis le démarrage effectif de la formation.
Une fois le projet validé et la démission effective, le salarié peut percevoir l’allocation de retour à l’emploi pendant et après sa formation, sous réserve de maintenir son inscription à France Travail et de suivre effectivement le cursus prévu. Les droits accumulés au titre du compte personnel de formation peuvent également être mobilisés pour financer tout ou partie du parcours.
Construire un dossier solide susceptible d’obtenir la validation de la commission paritaire régionale constitue l’étape déterminante de cette démarche. Notre expertise en droit du travail accompagne cette préparation.
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