
AI Act : ce qui change (vraiment) en 2026
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Le RGPD garantit un droit d'accès quasi sans condition, mais permet d'écarter les demandes manifestement abusives. Critères et recommandations.
Le RGPD garantit un droit d'accès quasi sans condition, mais permet d'écarter les demandes manifestement abusives. Critères et recommandations.
Le droit d’accès aux données personnelles, garanti par l’article 15 du RGPD, permet à toute personne d’obtenir communication des données qu’une entreprise détient à son sujet. Ce droit s’exerce en principe sans condition de motivation. Mais que faire lorsqu’une même personne multiplie les demandes, dans un contexte qui laisse penser à une stratégie plutôt qu’à un exercice loyal de ses droits ?
L’article 15 du RGPD impose au responsable de traitement de communiquer, sur demande, l’ensemble des données personnelles détenues sur une personne. L’article 12, paragraphe 5, du même règlement offre cependant une porte de sortie limitée : le responsable de traitement peut refuser de donner suite à une demande “manifestement infondée ou excessive”. C’est cette exception, d’interprétation stricte, qui permet d’écarter les demandes réellement abusives.
Une jurisprudence européenne récente a précisé les contours de cette notion. Une demande est considérée comme abusive lorsqu’elle poursuit un avantage indu plutôt que l’exercice loyal du droit d’accès, par exemple lorsqu’elle vise en réalité à obtenir une indemnisation artificielle en cas de manquement de l’entreprise.
Plusieurs éléments factuels, pris ensemble, peuvent constituer un faisceau d’indices révélateur de cette intention :
Aucun de ces éléments pris isolément ne suffit : c’est leur combinaison, documentée, qui permet de caractériser l’abus.
C’est au responsable de traitement d’établir l’intention abusive de la demande, et non à la personne concernée de justifier sa démarche. Un refus non documenté, reposant sur une simple suspicion, expose l’entreprise à une plainte auprès de la CNIL, qui maintient une lecture stricte du caractère quasiment inconditionnel du droit d’accès.
Cette même logique s’applique dans le contexte des relations de travail : un salarié en litige avec son employeur utilise parfois le droit d’accès comme un levier stratégique, pour obtenir des pièces qu’il ne pourrait pas réclamer directement dans le cadre d’un contentieux prud’homal. Les mêmes critères d’analyse s’appliquent alors, avec la même exigence de documentation de la part de l’employeur.
Pour se prémunir efficacement, une entreprise a intérêt à :
Refuser une demande d’accès sans cadre juridique solide expose l’entreprise à un risque disproportionné par rapport à l’enjeu initial. Notre expertise en droit du numérique accompagne les entreprises dans la qualification de ces situations et la sécurisation de leur réponse, qu’il s’agisse de refuser une demande abusive ou d’organiser une procédure interne de traitement des demandes d’accès.
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