
AI Act : ce qui change (vraiment) en 2026
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
L'IA agentique agit de façon autonome pour votre compte, contrairement à l'IA générative. Risques contractuels et mesures à anticiper.
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L’IA générative produit du contenu à la demande, sous supervision humaine continue. L’IA agentique va plus loin : elle perçoit son environnement, planifie une séquence d’actions et les exécute de façon autonome, en mobilisant des outils externes (bases de données, API, plateformes tierces) pour atteindre un objectif fixé, sans validation humaine à chaque étape. Cette autonomie transforme en profondeur les risques contractuels que doit anticiper une direction juridique.
Contrairement à un outil d’IA générative qui répond à une instruction ponctuelle, un agent IA se fixe des objectifs intermédiaires et enchaîne des décisions sans supervision continue. Cette autonomie opérationnelle est précisément ce qui en fait la valeur, et ce qui en fait le risque : l’entreprise qui déploie un tel agent perd la visibilité en temps réel sur les actions qu’il engage en son nom.
Un agent IA n’a pas de personnalité juridique et ne peut donc pas consentir au sens du droit des contrats. Tout engagement qu’il génère (commande, validation, transaction) reste juridiquement fragile tant qu’une habilitation préalable, documentée, ne rattache pas explicitement cette action à l’entreprise qui l’a déployé.
Une partie de la doctrine propose d’assimiler l’agent IA à un mandataire, chargé d’agir pour le compte de l’entreprise. Cette analogie se heurte cependant à une limite structurelle : le mandat suppose que le mandataire puisse recevoir un pouvoir d’agir, ce qui présuppose une personnalité juridique dont l’IA est dépourvue. L’analogie reste un outil de raisonnement utile, mais ne constitue pas, en l’état, une solution juridique stabilisée.
Lorsqu’un agent IA déclenche un smart contract sur une blockchain, la transaction s’exécute automatiquement, sans fenêtre de correction : une erreur de l’agent devient irréversible dès son exécution. De même, les interactions entre systèmes via des protocoles standardisés (à l’image du Model Context Protocol) reposent souvent sur des échanges machine-to-machine qui ne s’appuient sur aucun contrat formalisé entre les parties humaines concernées, créant un vide contractuel que les entreprises découvrent parfois après coup.
Plusieurs actions permettent de sécuriser le déploiement d’agents IA au sein de l’entreprise :
Le déploiement d’agents IA dans les processus de l’entreprise, qu’il s’agisse de relations fournisseurs, de gestion de la trésorerie ou d’interactions clients, appelle une révision proactive des contrats existants plutôt qu’une réaction après incident. Notre expertise en intelligence artificielle et en ingénierie contractuelle porte sur cette anticipation contractuelle.
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