Abandon de poste : quelles conséquences ?
Mathilde Levasseur
Associée
L'employeur peut licencier un salarié malade, mais jamais en raison de son état de santé. Motifs valables, protections et risque de discrimination.
L'employeur peut licencier un salarié malade, mais jamais en raison de son état de santé. Motifs valables, protections et risque de discrimination.
Être en arrêt maladie ne met pas un salarié à l’abri de tout licenciement, mais lui offre une protection réelle : son état de santé, à lui seul, ne peut jamais justifier la rupture de son contrat.
Un employeur peut engager une procédure de licenciement à l’encontre d’un salarié en arrêt maladie, à condition que le motif retenu soit distinct de son état de santé. Rompre le contrat uniquement parce que le salarié est malade constitue une discrimination prohibée, susceptible d’entraîner la nullité du licenciement.
Plusieurs motifs peuvent légitimement justifier une rupture pendant un arrêt de travail : la désorganisation objective de l’entreprise causée par une absence prolongée ou répétée, nécessitant un remplacement définitif du salarié, un motif économique lié à une restructuration ou une cessation d’activité, une faute disciplinaire antérieure ou indépendante de l’arrêt, ou une inaptitude constatée par le médecin du travail à l’issue de l’arrêt, sans possibilité de reclassement.
Pour retenir la désorganisation comme motif valable, les tribunaux examinent la durée effective de l’absence, la taille de l’entreprise, et le caractère plus ou moins stratégique du poste occupé. Une absence courte dans une grande structure aura moins de chances de justifier un licenciement qu’une absence longue sur un poste clé d’une petite entreprise.
Le salarié conserve le droit à un entretien préalable, à une notification écrite précisant le motif exact du licenciement, et, sauf faute grave, aux indemnités légales de licenciement, de préavis et de congés payés.
Lorsque le motif invoqué masque en réalité l’état de santé du salarié, une contestation devant le conseil de prud’hommes peut aboutir à la nullité du licenciement. Notre expertise en droit du travail permet d’évaluer la réalité du motif avancé par l’employeur.
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