Mise à pied conservatoire : ce qu'il faut savoir
Mathilde Levasseur
Associée
Le vol constitue une faute grave, voire lourde, s'il vise à nuire à l'employeur. Preuves exigées, procédure et risques de contestation aux prud'hommes.
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Le vol constitue une faute grave, voire lourde, s'il vise à nuire à l'employeur. Preuves exigées, procédure et risques de contestation aux prud'hommes.
Le vol commis par un salarié figure parmi les motifs de licenciement les plus graves, mais aussi parmi les plus disputés devant les prud’hommes, tant l’exigence de preuve y est stricte.
Un vol constitue en principe une faute grave, rendant impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, même le temps du préavis. Dans certaines situations, lorsque le salarié agit avec l’intention manifeste de nuire à son employeur, la faute peut être qualifiée de faute lourde, avec des conséquences financières encore plus sévères.
L’employeur doit rassembler des preuves solides et irréfutables : images de vidéosurveillance obtenues dans des conditions conformes à la réglementation applicable, témoignages précis et circonstanciés, ou documents matériels probants. Une simple suspicion, même partagée par plusieurs collègues, ne suffit jamais à fonder valablement un licenciement pour vol.
La procédure suit les étapes classiques du licenciement disciplinaire : convocation écrite mentionnant la date, l’heure et le lieu de l’entretien préalable, tenue de l’entretien permettant au salarié de présenter sa défense, puis notification par lettre recommandée détaillant précisément les faits reprochés, entre 2 jours et 1 mois après l’entretien.
En cas de faute grave comme en cas de faute lourde, le salarié ne perçoit ni indemnité de licenciement ni indemnité de préavis, mais conserve son indemnité compensatrice de congés payés : la disposition qui en privait la faute lourde a été censurée par le Conseil constitutionnel le 2 mars 2016. La faute lourde se distingue en ce qu’elle seule permet à l’employeur de rechercher la responsabilité pécuniaire du salarié.
Un salarié qui conteste les faits qui lui sont reprochés peut saisir le conseil de prud’hommes. Un vice de procédure ou des preuves jugées insuffisantes peuvent invalider le licenciement et exposer l’employeur à des dommages-intérêts.
Constituer ou contester un dossier de licenciement pour vol exige une rigueur particulière sur la recevabilité des preuves. Notre pratique en droit du travail accompagne cette démarche.
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