
Abandon de poste : quelles conséquences ?
Depuis 2023, l'abandon de poste fait présumer la démission du salarié, avec des conséquences sur ses droits au chômage. Procédure et exceptions.
Lire la suite
La mise à pied conservatoire suspend le contrat pendant une procédure disciplinaire, sans être elle-même une sanction. Conditions et durée.
Sommaire
Une question sur votre dossier ?
Prendre rendez-vousLa mise à pied conservatoire suspend le contrat pendant une procédure disciplinaire, sans être elle-même une sanction. Conditions et durée.
Lorsqu’un employeur découvre des faits potentiellement fautifs suffisamment graves pour rendre impossible le maintien immédiat du salarié dans l’entreprise, il dispose d’un outil spécifique : la mise à pied conservatoire. Cette mesure, souvent confondue avec la mise à pied disciplinaire, obéit pourtant à une logique et à un régime juridique distincts.
La mise à pied conservatoire suspend temporairement le contrat de travail dans l’attente de l’issue d’une procédure disciplinaire parallèle. Elle ne constitue pas, en elle-même, une sanction : elle vise seulement à écarter le salarié de l’entreprise pendant l’instruction du dossier, lorsque son maintien apparaît incompatible avec la gravité des faits reprochés.
La mise à pied disciplinaire constitue une sanction à part entière, avec une durée fixée à l’avance et fondée sur une faute déjà caractérisée. La mise à pied conservatoire, à l’inverse, n’a pas de durée maximale légale : elle dure le temps nécessaire à l’instruction de la procédure disciplinaire, sous réserve de rester justifiée par l’urgence de la situation.
La mesure suppose une faute suffisamment grave pour rendre impossible le maintien du salarié dans l’entreprise pendant l’instruction du dossier. Elle doit être notifiée rapidement après la découverte des faits, dans un délai maximal de deux mois. Un délai anormalement long entre la mise à pied et l’engagement effectif de la procédure disciplinaire (4 à 6 jours ont déjà été jugés excessifs par les tribunaux) fragilise la mesure, en suggérant qu’elle ne répondait pas réellement à une urgence.
Les tribunaux ont notamment validé la mise à pied conservatoire dans des situations de vol, de violences envers des collègues, de harcèlement, d’abandon de poste, ou de comportement délictuel constaté sur le lieu de travail.
Pendant la mise à pied conservatoire, le salarié n’est en principe pas rémunéré. Si la faute reprochée n’est finalement pas confirmée, ou si le salarié est réintégré à l’issue de la procédure, sa rémunération lui est versée rétroactivement pour l’intégralité de la période de mise à pied.
À l’issue de l’instruction, deux issues principales se présentent : un licenciement, si la faute grave ou lourde est confirmée, ou une réintégration du salarié, éventuellement assortie d’un avertissement ou d’un blâme si les faits, sans justifier un licenciement, appellent néanmoins une sanction.
Le salarié ne peut pas contester immédiatement la mise à pied conservatoire en elle-même : c’est au moment de la sanction qui en découle, licenciement notamment, que la contestation peut être portée devant le conseil de prud’hommes, en incluant le cas échéant une contestation de la mise à pied elle-même.
Une mise à pied conservatoire mal notifiée, ou engagée avec un délai excessif par rapport à la découverte des faits, fragilise l’ensemble de la procédure disciplinaire qui s’ensuit. Notre expertise en droit du travail accompagne les employeurs dans la sécurisation de cette mesure, et les salariés dans l’évaluation de sa régularité.
Réservez un entretien de découverte de 20 minutes, gratuit et sans engagement.
Autres analyses juridiques du cabinet

Depuis 2023, l'abandon de poste fait présumer la démission du salarié, avec des conséquences sur ses droits au chômage. Procédure et exceptions.
Lire la suite

48 heures pour justifier une absence, sous peine de sanctions graduées jusqu'au licenciement pour faute grave. Différence avec l'abandon de poste prolongé.
Lire la suite

Le taux d'absentéisme a atteint 6,7 % en 2022. Causes personnelles et professionnelles, impacts organisationnels et mesures préventives à disposition.
Lire la suite

Détournement de biens confiés, préjudice et intention de nuire : trois éléments constitutifs de l'abus de confiance. Sanctions pénales jusqu'à 7 ans.
Lire la suite

Échangeons sur votre situation, vos objectifs et les risques à anticiper. Vous repartirez avec une vision claire des options qui s'offrent à vous.