
AI Act : ce qui change (vraiment) en 2026
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Une œuvre musicale intégralement générée par IA échappe en principe au droit d'auteur. Le critère d'originalité, expliqué.
Une œuvre musicale intégralement générée par IA échappe en principe au droit d'auteur. Le critère d'originalité, expliqué.
La multiplication des outils d’IA capables de composer une musique en quelques secondes a fait émerger une question juridique inédite : qui, du développeur, de l’utilisateur ou de personne, détient les droits sur le résultat ? La réponse dépend d’abord d’une condition centrale du droit d’auteur, souvent mal comprise : l’originalité.
En droit européen, une création n’est protégée par le droit d’auteur que si elle porte l’empreinte de choix personnels opérés par un être humain, reflet de sa personnalité. Ce critère, construit par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, exclut de facto les créations purement mécaniques, dépourvues de toute intervention créative humaine identifiable.
Une musique générée intégralement par une IA, sans aucune intervention créative humaine au-delà de la formulation d’une commande, ne remplit donc pas cette condition. Conséquence directe : une telle œuvre reste, en principe, libre de droits. N’importe qui peut la reprendre, la diffuser ou l’exploiter commercialement, sans autorisation ni rémunération à verser.
Si une création assistée par IA venait à être jugée suffisamment marquée par une intervention humaine pour être protégée, la question de savoir à qui appartiennent les droits reste, elle, ouverte. Plusieurs candidats sont évoqués :
Aucune de ces options n’est aujourd’hui stabilisée par un texte ou une jurisprudence spécifique : la question se règle, en pratique, au cas par cas.
Cette incertitude nourrit des tensions concrètes, notamment entre maisons de disques et artistes, sur la valeur et l’exploitation de créations assistées par IA. Elle pousse aussi à l’émergence de nouveaux mécanismes de sécurisation : traçabilité des étapes de création (parfois via des registres horodatés), et rédaction de contrats définissant précisément la répartition des droits entre les parties impliquées dans un projet créatif assisté par IA.
Pour un artiste ou un producteur, la protection juridique d’une œuvre assistée par IA repose sur la démonstration d’une intervention créative humaine réelle et documentée :
Sécuriser une création assistée par IA, qu’il s’agisse de démontrer son originalité ou de répartir contractuellement les droits entre les parties prenantes, relève d’un accompagnement en propriété intellectuelle et en intelligence artificielle. Cet accompagnement est d’autant plus utile que la jurisprudence sur le sujet reste, à ce jour, embryonnaire.
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