Présomption de démission : la réforme de l'abandon de poste

Depuis avril 2023, l'abandon de poste fait présumer la démission après mise en demeure. Procédure en 4 étapes, impact sur le chômage et contestation.

Reflet architectural abstrait en noir et blanc

Depuis avril 2023, l'abandon de poste fait présumer la démission après mise en demeure. Procédure en 4 étapes, impact sur le chômage et contestation.

Introduction

Depuis avril 2023, un salarié qui cesse de se présenter à son poste sans justification ne s’expose plus à un licenciement pour faute, mais à un mécanisme différent : la présomption de démission, aux conséquences sensiblement différentes sur ses droits.

Ce qu’a changé la réforme de 2023

Avant cette réforme, l’abandon de poste ne pouvait donner lieu qu’à un licenciement, le plus souvent pour faute grave. Depuis le décret du 17 avril 2023, l’employeur peut désormais, après une procédure formelle, considérer un salarié en absence prolongée et injustifiée comme démissionnaire.

Les trois conditions cumulatives

La présomption de démission suppose la réunion de trois critères : une absence volontaire du salarié à son poste, l’absence de tout motif légitime justifiant cette absence, comme une raison médicale, un droit de retrait ou une grève, et la non-reprise du travail malgré une mise en demeure formelle de l’employeur.

La procédure en quatre étapes

L’employeur doit d’abord adresser une mise en demeure par lettre recommandée, précisant les absences constatées et invitant le salarié à justifier son absence ou à reprendre son poste. Le délai accordé ne peut être inférieur à 15 jours calendaires à compter de la présentation de cette lettre. Passé ce délai sans reprise ni justification, la démission est réputée confirmée, et les règles habituelles de préavis s’appliquent ensuite.

L’impact déterminant sur le chômage

La présomption de démission n’ouvre, en principe, aucun droit aux allocations chômage, la situation étant assimilée à un départ volontaire. Seule une contestation aboutie devant le conseil de prud’hommes, obtenant une requalification en licenciement, permet au salarié de recouvrer ce droit.

La possibilité de contestation

Le salarié dispose de la faculté de saisir le conseil de prud’hommes pour démontrer l’existence d’un motif légitime à son absence, ou pour contester les conditions de mise en œuvre de la procédure. Cette action bénéficie d’un traitement accéléré, avec un délai de jugement fixé à un mois.

Sécuriser ou contester cette procédure

Que l’on soit employeur souhaitant sécuriser la mise en demeure, ou salarié cherchant à démontrer un motif légitime à son absence, notre expertise en droit du travail permet d’évaluer précisément la situation.

En résumé

  • Depuis avril 2023, l’abandon de poste fait présumer la démission, sous conditions.
  • L’employeur doit adresser une mise en demeure avec un délai minimum de 15 jours.
  • La présomption n’ouvre en principe pas droit au chômage.
  • Une contestation devant les prud’hommes reste possible, avec traitement accéléré.

Questions fréquentes

Quel délai minimum l'employeur doit-il laisser au salarié ?
La mise en demeure doit accorder un délai d'au moins 15 jours calendaires à compter de sa présentation, pour que le salarié justifie son absence ou reprenne son poste. En deçà de ce délai, la procédure de présomption de démission n'est pas valablement engagée.
La présomption de démission ouvre-t-elle droit au chômage ?
Non, elle assimile juridiquement l'abandon de poste à une démission, ce qui exclut en principe l'accès aux allocations chômage. Seule une contestation réussie devant le conseil de prud'hommes, aboutissant à une requalification en licenciement, permet d'y accéder.
Quelles absences échappent à cette présomption ?
Une absence médicalement justifiée, le décès d'un proche, ou l'exercice d'un droit reconnu par la loi, comme le droit de retrait face à un danger grave ou le droit de grève, excluent la présomption de démission, quelle que soit leur durée.

Une question sur ce sujet ?

Réservez un entretien de découverte de 20 minutes, gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous

Articles associés

Autres analyses juridiques du cabinet

Reflet architectural abstrait en noir et blanc
droit du travail

Abandon de poste : quelles conséquences ?

Depuis 2023, l'abandon de poste fait présumer la démission du salarié, avec des conséquences sur ses droits au chômage. Procédure et exceptions.

Lire la suite

Reflet architectural abstrait en noir et blanc
droit du travail

Absence injustifiée : obligations et sanctions possibles

48 heures pour justifier une absence, sous peine de sanctions graduées jusqu'au licenciement pour faute grave. Différence avec l'abandon de poste prolongé.

Lire la suite

Reflet architectural abstrait en noir et blanc
droit du travail

Absentéisme au travail : causes et mesures de prévention

Le taux d'absentéisme a atteint 6,7 % en 2022. Causes personnelles et professionnelles, impacts organisationnels et mesures préventives à disposition.

Lire la suite

Reflet architectural abstrait en noir et blanc
droit du travail

Abus de confiance par un salarié : définition et sanctions

Détournement de biens confiés, préjudice et intention de nuire : trois éléments constitutifs de l'abus de confiance. Sanctions pénales jusqu'à 7 ans.

Lire la suite

Échange professionnel dans un bureau

Une décision importante mérite plus qu'une réponse.

Échangeons sur votre situation, vos objectifs et les risques à anticiper. Vous repartirez avec une vision claire des options qui s'offrent à vous.