Un avant-après chiffré est-il autorisé en publicité ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Toutes taxes comprises pour les consommateurs, hors taxes admis entre professionnels, et traitement du passage à la TVA en cours d'année.
Toutes taxes comprises pour les consommateurs, hors taxes admis entre professionnels, et traitement du passage à la TVA en cours d'année.
L’affichage des prix est une obligation d’information, sanctionnée administrativement, indépendamment de tout litige avec un client.
Tout professionnel vendeur de biens ou prestataire de services doit informer le consommateur, par voie de marquage, d’étiquetage ou d’affichage, sur les prix et les conditions particulières de la vente.
Le prix s’entend toutes taxes comprises et tous frais inclus.
Le prix total doit être connu avant l’engagement.
L’affichage d’un prix hors taxes sur une page destinée à des consommateurs constitue un manquement.
Lorsque l’offre s’adresse exclusivement à des professionnels, l’affichage d’un prix hors taxes est admis.
Cette exclusivité doit être réelle et apparente : mention explicite, parcours réservé, demande du numéro de TVA.
Une page ouverte à tous, avec un prix hors taxes, ne satisfait pas la règle même si le vendeur affirme viser les professionnels.
La solution prudente consiste à afficher les deux montants, en donnant la prééminence au prix toutes taxes comprises.
Lorsqu’un paiement en plusieurs fois est proposé, le montant total dû doit apparaître clairement.
L’affichage isolé d’une mensualité, sans le total, est susceptible d’être trompeur.
Les éventuels frais liés au fractionnement doivent être indiqués.
Lorsque le paiement fractionné constitue un crédit à la consommation, des règles propres s’appliquent, notamment en matière d’information et de rétractation.
C’est la difficulté pratique la plus fréquente.
Un vendeur bénéficiant de la franchise en base affiche un prix sans TVA et mentionne l’absence d’assujettissement sur ses factures.
Le franchissement des seuils le rend redevable, ce qui modifie l’économie de son offre.
Pour 2026, ces seuils demeurent fixés à 37 500 euros pour les prestations de services, avec un seuil majoré de 41 250 euros.
Deux options s’offrent alors.
Maintenir le prix affiché, la taxe étant absorbée par la marge : le prix toutes taxes comprises reste identique.
Augmenter le prix affiché, ce qui ne peut valoir que pour les commandes futures.
Dans les deux cas, la mention relative à la franchise doit disparaître des factures.
Pour les services fournis par voie électronique à des consommateurs établis dans un autre État membre, la taxe est due dans leur État, au taux applicable dans cet État.
Le prix affiché doit alors être adapté, soit en maintenant un prix uniforme dont la marge varie, soit en affichant un prix par pays.
La première option est plus simple et généralement retenue.
L’annonce d’une réduction suppose l’indication du prix antérieur, entendu comme le prix le plus bas pratiqué au cours d’une période de référence précédant l’application de la réduction.
Les prix barrés fictifs, les offres permanentes présentées comme exceptionnelles et les compteurs de temps sans réalité constituent des pratiques exposées.
Le prix hors taxes, le taux et le montant de la taxe, et le prix toutes taxes comprises.
En cas de franchise, la mention de l’absence d’assujettissement.
En cas d’exonération, la mention du fondement de l’exonération.
En cas d’autoliquidation, la mention correspondante.
Ces mentions sont obligatoires et leur omission est sanctionnée.
Le régime de TVA détermine le prix affiché, pas l’inverse. Notre expertise e-commerce et plateformes accompagne ces choix.
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