Abandon de poste : quelles conséquences ?
Mathilde Levasseur
Associée
Combiner rupture conventionnelle et création d'entreprise permet de cumuler indemnité, chômage et ACRE. Conditions, cumul ARE/ARCE et alternatives.
Combiner rupture conventionnelle et création d'entreprise permet de cumuler indemnité, chômage et ACRE. Conditions, cumul ARE/ARCE et alternatives.
Quitter son emploi salarié pour se lancer dans l’entrepreneuriat expose à un choix stratégique : comment sécuriser financièrement cette transition ? La rupture conventionnelle offre, à cet égard, des avantages que la démission classique ne procure pas.
Contrairement à une démission simple, la rupture conventionnelle permet au salarié de percevoir une indemnité de rupture obligatoire, calculée selon son ancienneté, tout en conservant l’accès aux allocations chômage. Cette combinaison en fait une option privilégiée pour financer le lancement d’une activité.
Le créateur d’entreprise dispose de deux options pour ses droits chômage : le maintien partiel de l’allocation de retour à l’emploi, versée en complément des revenus tirés de la nouvelle activité, ou l’aide à la reprise ou création d’entreprise (ARCE), versée sous forme de capital correspondant à une partie des droits restants, en deux fois.
Le créateur peut également solliciter l’ACRE, exonération partielle de charges sociales sur les premiers mois d’activité. Cette demande doit désormais être formulée explicitement auprès de l’Urssaf, et non plus obtenue automatiquement.
La procédure suppose un accord mutuel entre employeur et salarié : elle ne peut être imposée unilatéralement. Elle ne s’applique qu’aux contrats à durée indéterminée, sans exigence de motif particulier ni de préavis. Un délai de rétractation de 15 jours calendaires s’ajoute après la signature de la convention.
Si l’employeur refuse la rupture conventionnelle, le salarié peut envisager une démission pour création d’entreprise, reconnue comme légitime sous conditions strictes par France Travail, ou solliciter un congé pour création d’entreprise non rémunéré, qui suspend le contrat sans le rompre.
Anticiper les conséquences financières et sociales de ce choix, avant même d’entamer les discussions avec l’employeur, permet d’éviter des erreurs coûteuses. Notre expertise en droit du travail accompagne cette réflexion.
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