
AI Act : ce qui change (vraiment) en 2026
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Géolocalisation continue, contrôle 24h/24 : une entreprise de VTC sanctionnée pour surveillance excessive de ses conducteurs. Trois manquements RGPD identifiés.
Géolocalisation continue, contrôle 24h/24 : une entreprise de VTC sanctionnée pour surveillance excessive de ses conducteurs. Trois manquements RGPD identifiés.
Équiper ses salariés d’une application de suivi pour des raisons opérationnelles légitimes ne dispense pas l’employeur du respect scrupuleux du RGPD, comme le rappelle une sanction récente infligée à une entreprise de transport.
Une entreprise de transport de type VTC avait imposé à ses conducteurs l’installation d’une application de surveillance sur leurs téléphones personnels. Cette application effectuait une géolocalisation en temps réel, gérait les communications professionnelles, contrôlait l’accès au véhicule par Bluetooth, et suivait divers paramètres d’activité de manière continue, 24 heures sur 24, y compris en dehors des heures de travail effectif.
L’autorité espagnole de protection des données a prononcé cette sanction à la suite de la plainte d’un conducteur contestant l’ampleur de cette surveillance.
L’autorité a retenu un défaut d’information : l’employeur n’avait pas informé ses conducteurs de manière transparente sur les modalités précises du traitement de leurs données, ni sur les moyens de désactiver l’application concernée. Elle a également constaté une violation du principe de minimisation, la collecte continue et exhaustive des données dépassant largement ce qui était nécessaire aux finalités poursuivies. Enfin, l’absence de base légale valide a été retenue : le consentement des salariés ne pouvait constituer un fondement légitime, en raison du déséquilibre structurel propre à la relation employeur-employé.
Une amende de 200 000 euros a été infligée à l’entreprise concernée.
Cette décision rappelle que le consentement reste rarement une base légale adaptée en contexte de subordination, et que toute collecte de données doit être strictement limitée aux finalités professionnelles poursuivies, sans déborder sur la vie privée du salarié en dehors de ses heures de travail.
Définir précisément la base légale, les finalités et les limites temporelles d’un dispositif de suivi des salariés permet d’éviter une sanction de cette ampleur. Notre expertise en droit du numérique accompagne cette sécurisation.
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