
L'apport-cession de titres (article 150-0 B ter)
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La patientèle ne se vend pas comme un fonds de commerce. Structure juridique, non-concurrence et formalités pour sécuriser la cession.
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La patientèle ne se vend pas comme un fonds de commerce. Structure juridique, non-concurrence et formalités pour sécuriser la cession.
Transmettre une activité libérale, qu’il s’agisse d’un cabinet médical, dentaire ou paramédical, obéit à une logique différente de la cession d’un fonds de commerce classique. La patientèle ne s’achète pas : ce qui se transmet, c’est le droit de présentation d’un successeur, encadré par des règles précises que la préparation en amont permet de sécuriser.
Le patient conserve, à tout moment, une liberté totale de choisir son praticien. Cette règle centrale explique pourquoi la patientèle, à proprement parler, ne peut pas être vendue : le contrat de cession porte en réalité sur le droit de présentation du successeur à la clientèle existante, assorti d’un engagement du cédant à faciliter activement cette transition. Aucun transfert automatique de dossier patient n’est possible sans le consentement de l’intéressé.
La préparation d’une cession de patientèle débute idéalement deux à trois ans avant l’opération elle-même. Un cédant qui s’y prend tardivement perd l’accès à plusieurs dispositifs d’exonération conditionnés à une durée d’exercice ou à un calendrier précis, ce qui peut représenter un manque à gagner significatif sur le produit net de la cession.
Un praticien qui exerce en nom propre peut mobiliser plusieurs dispositifs d’exonération propres aux professions libérales, sous conditions de recettes, de durée d’exercice ou de départ à la retraite dans un délai encadré.
Un associé qui cède des parts de SELARL ou de SELAS ne peut en revanche pas accéder à ces mêmes exonérations : seul l’abattement applicable au départ à la retraite reste mobilisable, un régime fiscal sensiblement moins favorable. Ce choix de structure, souvent posé au moment de l’installation sans anticiper la cession future, mérite d’être réexaminé bien en amont d’un projet de transmission.
Pour les praticiens dont l’activité est plus significative, une structuration via SPFPL (société de participation financière de profession libérale), éventuellement combinée à une SCI pour l’immobilier professionnel, ou encore un mécanisme d’apport-cession en holding, permet d’organiser la transmission de façon plus fine, chaque option ayant ses propres implications juridiques et fiscales.
Le contrat de cession de patientèle comporte presque systématiquement une clause de non-concurrence, qui protège le successeur contre un retour du cédant sur la même patientèle. Pour être valable, cette clause doit cumuler quatre conditions :
Une clause qui ne respecte pas ces critères cumulatifs s’expose à être annulée par le juge, ce qui prive le successeur de toute protection contre une réinstallation concurrente du cédant.
La cession doit être communiquée au conseil de l’ordre professionnel compétent (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes notamment), généralement dans le mois suivant l’opération. L’acheteur doit procéder à l’enregistrement fiscal de l’acte, et le cédant doit effectuer sa déclaration de cessation d’activité dans les 60 jours, conformément à l’article 202 du Code Général des Impôts. Selon la profession, une information de la CPAM, de la caisse de retraite et de l’URSSAF est également requise.
Un cédant qui reste actif au sein de l’entité cédée après la transmission, même brièvement, peut faire tomber intégralement le bénéfice de certaines exonérations fiscales conditionnées à une cessation réelle d’activité. Toute activité résiduelle doit donc s’organiser, si nécessaire, en tant que remplaçant ailleurs ou salarié temporaire dans une structure distincte, jamais au sein de l’entité cédée elle-même.
La rédaction du contrat de cession, la validité de la clause de non-concurrence et le choix de la structure de transmission relèvent d’un accompagnement en gestion des sociétés et en fusions-acquisitions. Ce travail juridique se mène en coordination avec votre expert-comptable pour la validation précise des dispositifs fiscaux applicables à votre situation.
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