
L'apport-cession de titres (article 150-0 B ter)
Céder ses titres via une holding permet, sous conditions, de reporter l'imposition de la plus-value. Mécanisme et conditions de réinvestissement.
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Céder ses titres via une holding permet, sous conditions, de reporter l'imposition de la plus-value. Mécanisme et conditions de réinvestissement.
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Céder ses titres via une holding permet, sous conditions, de reporter l'imposition de la plus-value. Mécanisme et conditions de réinvestissement.
Céder les titres de sa société est souvent l’aboutissement de plusieurs années de développement. C’est aussi, fiscalement, l’un des moments les plus sensibles pour un chef d’entreprise : la plus-value réalisée peut être taxée immédiatement, ou son imposition reportée si l’opération est structurée en amont via une holding. C’est l’objet de l’apport-cession, encadré par l’article 150-0 B ter du Code Général des Impôts.
Ce mécanisme n’est pas une simple formalité fiscale : il suppose une structuration juridique précise, et son bénéfice reste conditionné au respect strict de règles de réinvestissement. Une erreur d’exécution peut remettre en cause l’intégralité du report d’imposition.
L’apport-cession consiste, pour un dirigeant qui souhaite céder les titres de sa société, à les apporter préalablement à une holding qu’il contrôle. C’est ensuite la holding, et non le dirigeant à titre personnel, qui procède à la cession des titres au repreneur.
Cette architecture permet de placer la plus-value constatée lors de l’apport en report d’imposition : l’impôt n’est pas supprimé, mais différé jusqu’à un événement qui y met fin (notamment une cession ultérieure des titres de la holding, ou un retrait des liquidités logées dans la holding).
Le bénéfice du report suppose plusieurs conditions cumulatives :
Si la holding cède les titres plus de trois ans après l’apport, le report d’imposition est acquis sans obligation de remploi particulière : le produit de cession peut être librement utilisé ou réinvesti.
Si la cession intervient dans les trois ans suivant l’apport, le maintien du report est conditionné au réinvestissement d’au moins 70 % du prix de cession dans des actifs éligibles, dans un délai de trois ans à compter de la cession. Les 30 % restants demeurent librement disponibles.
Le remploi peut prendre la forme d’un investissement direct dans une activité à caractère commercial, industriel, artisanal, libéral, agricole ou financier : financement d’actifs nécessaires à l’exploitation, prise de participation donnant le contrôle d’une société opérationnelle, ou souscription au capital d’une société lors de sa constitution ou d’une augmentation de capital.
Une alternative consiste à réinvestir dans des véhicules de capital-investissement éligibles (FCPR, FPCI, SLP, SCR), qui mutualisent le remploi sur plusieurs participations. Cette option délègue la sélection des cibles à des professionnels de la gestion, au prix d’une visibilité réduite sur les actifs sous-jacents.
Le non-respect des conditions de remploi, ou une cession des titres de la holding avant le terme du dispositif, entraîne l’exigibilité immédiate de l’impôt sur la plus-value en report, assortie d’intérêts de retard. L’enjeu n’est donc pas seulement de structurer l’opération initiale, mais de sécuriser chaque étape jusqu’à l’extinction du report.
La structuration d’une opération d’apport-cession mobilise plusieurs compétences en parallèle : rédaction des statuts et du pacte d’associés de la holding, formalisation de l’acte d’apport, sécurisation juridique de la cession ultérieure, et articulation avec la stratégie de réinvestissement retenue. Notre expertise en fusions-acquisitions et en gestion des sociétés porte sur l’ensemble de cette structuration, en coordination avec les conseils fiscaux et patrimoniaux du dirigeant.
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