L'adversaire n'exécute pas le jugement rendu en ma faveur : que faire ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Honoraires, frais de procédure, frais irrépétibles et dépens : les postes qui composent le coût réel d'un contentieux, et les leviers pour le maîtriser.
Honoraires, frais de procédure, frais irrépétibles et dépens : les postes qui composent le coût réel d'un contentieux, et les leviers pour le maîtriser.
Le coût d’un contentieux se compose de plusieurs postes que l’on découvre souvent en cours de procédure. L’anticiper permet d’arbitrer entre défense et transaction en connaissance de cause.
Ils sont fixés en accord avec le client et font l’objet d’une convention d’honoraires écrite, obligatoire.
Plusieurs modes de facturation coexistent : forfait pour une prestation définie, taux horaire, ou combinaison d’un honoraire fixe et d’un honoraire de résultat. Ce dernier ne peut jamais constituer la seule rémunération.
Le montant dépend de la complexité du dossier, du volume de pièces, du nombre d’échanges d’écritures et de la juridiction saisie. Une estimation doit être demandée dès le premier rendez-vous.
Ils s’ajoutent aux honoraires et regroupent plusieurs postes.
Les frais de commissaire de justice pour la signification des actes.
Les frais d’expertise lorsqu’une mesure est ordonnée, souvent le poste le plus lourd, avec une consignation demandée avant le début des opérations.
Les frais de traduction, de constat, ou de production de pièces auprès de tiers.
Ces frais sont exposés au fur et à mesure et ne sont pas toujours anticipés.
Les dépens comprennent notamment les frais de commissaire de justice et d’expertise. Ils sont en principe mis à la charge de la partie perdante.
Les frais irrépétibles couvrent les frais non compris dans les dépens, principalement les honoraires d’avocat. Le juge peut condamner la partie perdante à verser à l’autre une somme à ce titre, qu’il apprécie souverainement.
Cette somme couvre rarement l’intégralité des honoraires réellement exposés. Gagner un procès n’équivaut donc pas à ne rien payer.
De nombreux contrats d’assurance professionnelle comportent une garantie de protection juridique.
Elle prend en charge les honoraires dans la limite de plafonds contractuels, souvent modestes au regard du coût réel d’un contentieux important.
Le libre choix de l’avocat est en principe préservé. La déclaration doit intervenir dans les conditions prévues au contrat, parfois dans un délai déterminé, ce qui impose de vérifier la garantie dès la réception de l’acte.
La préparation du dossier par le client réduit le temps consacré à sa reconstitution : chronologie établie, pièces classées et numérotées, interlocuteurs identifiés.
Le choix de la procédure influe fortement : un référé coûte nettement moins qu’une procédure au fond.
La transaction reste le levier principal. Un accord obtenu tôt évite non seulement les honoraires et frais à venir, mais aussi le risque d’une condamnation aux frais de l’adversaire.
Elle doit intervenir dès le début et être actualisée à chaque étape.
Elle met en balance le montant en jeu, les chances de succès, le coût prévisible jusqu’au jugement, le risque de condamnation aux frais adverses, et la durée de la procédure.
Sur un litige de faible montant, le coût de la défense peut dépasser l’enjeu, ce qui oriente naturellement vers la négociation.
Une estimation du coût et une évaluation des chances conditionnent la décision de se défendre ou de transiger. Notre expertise en contentieux commercial fournit cette analyse dès le premier examen.
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