Comment rédiger un accord de coexistence entre deux marques ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Avant, sans hésitation. Le dépôt tardif expose à la préemption du signe par un tiers et prive de tout recours contre les usages antérieurs.
Avant, sans hésitation. Le dépôt tardif expose à la préemption du signe par un tiers et prive de tout recours contre les usages antérieurs.
Beaucoup d’entreprises déposent leur marque après le lancement, quand l’activité décolle et que le nom prend de la valeur. C’est précisément l’ordre inverse de celui qui protège.
Le droit sur une marque naît de son enregistrement, non de son usage.
Un tiers qui dépose le signe avant vous acquiert le droit, même si vous l’utilisez déjà. Vous devrez alors démontrer un droit antérieur opposable ou établir la fraude, procédures longues et incertaines.
Cette situation se rencontre régulièrement : concurrents attentifs, anciens partenaires, ou déposants professionnels qui surveillent les lancements pour revendre ensuite les signes.
Il n’est pas totalement inopérant, mais sa portée est limitée.
Une dénomination sociale, un nom commercial ou une enseigne antérieurs peuvent fonder une opposition ou une action en nullité, à condition qu’il existe un risque de confusion.
Leur portée est toutefois souvent circonscrite géographiquement, notamment pour une enseigne, et la preuve de l’antériorité et de l’étendue de l’usage repose entièrement sur celui qui l’invoque.
Un usage antérieur permet par ailleurs, dans certaines conditions, de continuer à utiliser le signe localement malgré le dépôt d’un tiers, mais cette tolérance ne confère aucun monopole.
L’ordre des opérations compte.
Arrêter le signe envisagé, en vérifiant son caractère distinctif.
Faire réaliser une recherche d’antériorités portant sur les marques mais aussi sur les dénominations sociales, noms commerciaux et noms de domaine.
Déposer la marque une fois la disponibilité confirmée.
Réserver le nom de domaine et les comptes sur les réseaux sociaux.
Communiquer publiquement.
Inverser ces étapes expose à découvrir une indisponibilité après avoir investi dans le nom, ou à voir un tiers déposer le signe entre l’annonce et le dépôt.
Un investisseur vérifie systématiquement la propriété des actifs immatériels.
L’absence de dépôt, ou un dépôt réalisé après le début de l’exploitation dans un contexte de risque, constitue un point d’audit défavorable. Il se traduit par une condition suspensive de régularisation ou par une garantie spécifique.
Le dépôt anticipé fait donc partie de la préparation d’une opération de financement.
Un premier dépôt ouvre, pendant un délai déterminé, la possibilité de revendiquer sa date lors de dépôts à l’étranger.
Cette fenêtre permet de sécuriser rapidement le territoire principal, puis d’étendre la protection après avoir validé le marché, sans perdre l’antériorité.
Elle constitue un argument supplémentaire en faveur d’un dépôt précoce en France ou dans l’Union européenne.
Lorsqu’un tiers dépose un signe en connaissance de l’usage qu’en fait un autre, dans l’intention de lui nuire ou de le contraindre à racheter le droit, une action peut être engagée.
Elle suppose de démontrer la mauvaise foi du déposant, ce qui est possible mais suppose des éléments : antériorité de la relation, échanges révélant la connaissance du projet, absence d’exploitation par le déposant.
Cette voie existe, mais elle est longue et son issue n’est jamais acquise. Elle ne remplace pas un dépôt en temps utile.
Le coût d’un dépôt est sans commune mesure avec celui d’un changement de nom. Notre expertise en propriété intellectuelle accompagne ce calendrier.
Nous contacter :
Nous répondons volontiers à toutes vos questions. Écrivez-nous à mc@cabinetpersee.com , contactez le cabinet sur WhatsApp, ou remplissez notre formulaire de contact.
Autres analyses juridiques du cabinet
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur