L'adversaire n'exécute pas le jugement rendu en ma faveur : que faire ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Une décision a été rendue sans vous entendre. Le délai d'opposition d'un mois, ses modalités, et ce qui se passe si vous le laissez passer.
Une décision a été rendue sans vous entendre. Le délai d'opposition d'un mois, ses modalités, et ce qui se passe si vous le laissez passer.
Recevoir une injonction de payer surprend, car aucune audience n’a eu lieu et aucun débat n’a été organisé. C’est le principe même de cette procédure : elle est non contradictoire, et l’opposition constitue votre seule voie de contestation.
L’ordonnance portant injonction de payer a été rendue par un juge sur la seule requête du créancier, au vu des pièces qu’il a produites.
Vous n’avez pas été convoqué, vous n’avez pas pu présenter d’arguments, et le juge n’a entendu qu’une version des faits. Il a vérifié que la demande lui paraissait fondée, mais sur des éléments unilatéraux.
L’acte qui vous est signifié comporte l’ordonnance, la requête du créancier, et l’indication du délai et des modalités d’opposition.
Vous disposez d’un mois à compter de la signification de l’ordonnance pour former opposition.
Ce délai court de la signification par commissaire de justice, pas de la lecture. Un dépôt à l’étude après avis de passage le fait courir régulièrement.
Il s’agit d’un délai de forclusion. Passé son terme, la contestation devient impossible, quelle que soit la valeur des arguments que vous auriez pu présenter.
C’est la première information à relever à réception : la date exacte de signification, et l’échéance qui en découle.
L’opposition se forme selon les modalités indiquées dans l’acte de signification, qui doit obligatoirement les mentionner.
Elle n’a pas à être motivée pour être recevable. Il n’est pas nécessaire, à ce stade, d’exposer ses arguments : l’opposition ouvre simplement le débat contradictoire.
Elle doit être formée même lorsque la contestation ne porte que sur une partie du montant réclamé.
L’affaire est renvoyée devant le tribunal, qui statuera de façon contradictoire sur l’ensemble du litige.
Les deux parties présentent alors leurs arguments et leurs pièces, et le tribunal juge comme il l’aurait fait dans une procédure ordinaire. L’ordonnance initiale est privée d’effet.
C’est pourquoi l’injonction de payer est peu adaptée aux créances réellement contestées : elle ne fait que retarder un débat qui aura lieu de toute façon.
Le créancier demande l’apposition de la formule exécutoire sur l’ordonnance, qui produit alors les effets d’un jugement contradictoire.
Il peut ensuite engager des mesures d’exécution : saisie-attribution sur comptes bancaires, saisie de créances, saisie-vente.
Les voies de recours sont alors très limitées. Seule une irrégularité de la signification peut, dans certains cas, permettre d’être relevé de la forclusion, à des conditions appréciées strictement.
Le juge de l’exécution peut en revanche être saisi pour contester une mesure d’exécution ou solliciter des délais de paiement.
Relever la date de signification et calculer l’échéance.
Vérifier le montant réclamé : acomptes déduits, prestations effectivement commandées, pénalités contractuellement fondées.
Vérifier la prescription, en identifiant le délai applicable et son point de départ.
Rassembler les pièces : contrat, commandes, échanges, preuves de paiement.
Le mois se consomme vite, surtout lorsque la signification est intervenue en votre absence. Notre expertise en contentieux commercial intervient en urgence sur ces dossiers.
Nous contacter :
Nous répondons volontiers à toutes vos questions. Écrivez-nous à mc@cabinetpersee.com , contactez le cabinet sur WhatsApp, ou remplissez notre formulaire de contact.
Autres analyses juridiques du cabinet
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur