L'adversaire n'exécute pas le jugement rendu en ma faveur : que faire ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Ce n'est pas une décision de justice, mais elle produit des effets réels : point de départ des intérêts, préalable à une action, et pièce du futur dossier.
Ce n'est pas une décision de justice, mais elle produit des effets réels : point de départ des intérêts, préalable à une action, et pièce du futur dossier.
Une mise en demeure n’est ni une assignation ni un titre exécutoire. Elle n’en produit pas moins des effets juridiques précis, et la façon dont on y répond détermine souvent l’issue du différend.
La mise en demeure est un acte par lequel un créancier interpelle son débiteur pour qu’il exécute son obligation.
Elle prend la forme d’une sommation ou d’un acte portant interpellation suffisante, généralement une lettre recommandée avec accusé de réception, parfois un acte de commissaire de justice.
Elle n’émane pas d’un juge : elle exprime la position d’une partie. Recevoir une mise en demeure ne signifie donc pas que la créance est établie.
Elle fait courir les intérêts moratoires lorsqu’ils ne courent pas déjà de plein droit.
Elle constitue un préalable nécessaire à plusieurs actions : la résolution du contrat par voie de notification, la faculté de faire exécuter l’obligation par un tiers aux frais du débiteur, ou l’exécution forcée en nature.
Elle met à la charge du débiteur les risques de la chose lorsqu’elle porte sur une obligation de livrer.
Elle constitue enfin une pièce du dossier : sa date, son contenu et la réponse qui y a été apportée seront examinés.
Le silence n’est pas neutre.
Il est fréquemment présenté comme un aveu implicite : celui qui ne conteste pas une affirmation précise voit sa contestation ultérieure fragilisée.
Il prépare la démonstration d’une résistance abusive, susceptible de justifier des dommages et intérêts distincts.
Il ferme enfin la possibilité de régler le différend avant l’engagement de frais que chacun cherchera ensuite à récupérer.
Trois questions se posent dans l’ordre.
La demande est-elle fondée dans son principe ? Existe-t-il un contrat, une prestation, une livraison, une obligation dont l’exécution est réclamée ?
Le montant est-il exact ? Les factures correspondent-elles à ce qui a été commandé et livré, les acomptes ont-ils été déduits, les pénalités sont-elles justifiées ?
Existe-t-il des moyens de défense ? Prestation non conforme, compensation avec une créance réciproque, prescription acquise, exception d’inexécution.
Une réponse écrite s’impose dans tous les cas, dans un délai raisonnable.
Si la demande est fondée, proposer un règlement ou un échéancier permet souvent d’éviter la procédure. Un échéancier accepté vaut reconnaissance de dette, ce qui doit être mesuré, mais il évite des frais bien supérieurs.
Si la demande est contestée, la réponse doit exposer précisément les motifs et viser les pièces qui les soutiennent. Une contestation motivée en temps utile est infiniment plus crédible qu’une contestation apparue au stade judiciaire.
Si la demande est partiellement fondée, il est possible de reconnaître ce qui est dû et de contester le surplus, en veillant à formuler expressément cette limite.
La réponse doit être adressée par un moyen permettant d’établir sa date : lettre recommandée avec accusé de réception, ou courrier électronique avec accusé.
Conserver l’ensemble des échanges est essentiel : la chronologie documentée constitue la colonne vertébrale du dossier si la procédure survient.
Une réponse construite règle une part importante des différends avant l’assignation. Notre expertise en contentieux commercial intervient à ce stade.
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