L'adversaire n'exécute pas le jugement rendu en ma faveur : que faire ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Une procédure engagée n'interdit pas la transaction, au contraire. Comment négocier sans affaiblir sa défense et sécuriser l'accord qui met fin à l'instance.
Une procédure engagée n'interdit pas la transaction, au contraire. Comment négocier sans affaiblir sa défense et sécuriser l'accord qui met fin à l'instance.
Beaucoup de défendeurs pensent qu’une assignation ferme la porte à toute discussion. C’est l’inverse : une procédure engagée révèle les positions, chiffre l’enjeu et crée une pression symétrique qui rend souvent l’accord plus accessible qu’avant.
Avant l’assignation, chacun surestime sa position. Le demandeur croit sa créance évidente, le défendeur ses arguments imparables.
L’échange des premières écritures modifie cet équilibre : les moyens sont exposés, les pièces communiquées, l’aléa devient tangible pour les deux parties. À cela s’ajoute la perspective des frais et du temps.
C’est souvent à ce moment que la transaction devient possible, plus qu’au stade de la mise en demeure.
La précaution essentielle consiste à encadrer les discussions.
Les propositions doivent être formulées sous la mention expresse qu’elles sont confidentielles, sans reconnaissance de responsabilité, et exclusivement destinées à un règlement amiable.
À défaut, une offre de règlement peut être produite au débat comme un aveu implicite du bien-fondé de la demande.
Lorsque les avocats échangent entre eux, la confidentialité de leurs correspondances offre un cadre naturel à ces discussions.
C’est l’erreur la plus coûteuse.
Les délais de mise en état continuent de courir pendant les pourparlers. Un défendeur qui cesse de conclure en comptant sur un accord imminent peut se voir opposer la clôture, puis condamné alors que la négociation était en cours.
La règle est simple : mener la défense et la négociation en parallèle, jusqu’à la signature effective.
Une transaction suppose des concessions réciproques et un objet clairement délimité.
Elle doit préciser le montant et l’échéancier, le sort des intérêts et des frais, les renonciations de chaque partie et leur étendue exacte, une éventuelle confidentialité, et surtout le sort de la procédure en cours.
Ce dernier point est fréquemment oublié : sans désistement d’instance et d’action expressément prévu, l’affaire reste inscrite au rôle et la juridiction peut être amenée à statuer.
Une transaction n’est pas exécutoire par elle-même.
Deux mécanismes y remédient. L’homologation par le juge lui confère force exécutoire. Une clause de déchéance du terme, en cas de paiement échelonné, rend l’intégralité immédiatement exigible dès le premier impayé.
Le juge peut, avec l’accord des parties, désigner un médiateur.
Cette voie présente un avantage procédural : elle suspend les délais de prescription pendant la durée de la mesure, et elle se déroule sans interrompre l’instance, qui reprend en cas d’échec.
Un accord se négocie d’autant mieux que la défense est solidement engagée. Notre expertise en contentieux commercial mène ces deux volets de front.
Nous contacter :
Nous répondons volontiers à toutes vos questions. Écrivez-nous à mc@cabinetpersee.com , contactez le cabinet sur WhatsApp, ou remplissez notre formulaire de contact.
Autres analyses juridiques du cabinet
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur