Recherche d'antériorité : pourquoi est-elle indispensable ?

L'INPI n'examine pas d'office les droits antérieurs. Une marque peut être enregistrée puis annulée des années plus tard, après des investissements considérables.

L'INPI n'examine pas d'office les droits antérieurs. Une marque peut être enregistrée puis annulée des années plus tard, après des investissements considérables.

Introduction

Le dépôt d’une marque non disponible est l’une des erreurs les plus coûteuses en propriété intellectuelle, parce que son coût se manifeste après que l’entreprise a investi dans le nom.

L’INPI n’examine pas les antériorités

L’office examine les motifs absolus de refus : caractère distinctif du signe, licéité, absence de caractère trompeur.

Il ne recherche pas si le signe empiète sur des droits antérieurs. Cette vérification incombe au déposant, et sa sanction repose sur l’initiative des titulaires de droits antérieurs.

Une marque peut donc être enregistrée sans obstacle tout en étant juridiquement fragile.

Les droits antérieurs opposables

Ils dépassent largement les marques enregistrées.

Les marques françaises, les marques de l’Union européenne et les marques internationales désignant la France constituent la première catégorie.

S’y ajoutent les dénominations sociales, noms commerciaux et enseignes, lorsqu’il existe un risque de confusion dans l’esprit du public.

Les noms de domaine exploités peuvent également fonder une opposition, de même que les indications géographiques, les droits d’auteur sur un signe figuratif, et les droits de la personnalité, notamment le nom patronymique d’un tiers.

Une recherche limitée aux seules marques enregistrées est donc incomplète.

Le critère du risque de confusion

L’antériorité n’a d’effet que si elle crée un risque de confusion.

Ce risque s’apprécie globalement, en tenant compte de la similitude des signes, sur les plans visuel, phonétique et conceptuel, et de la similitude des produits et services.

Deux marques identiques peuvent coexister dans des secteurs éloignés. Deux marques proches peuvent être incompatibles dans un même secteur.

Cette appréciation explique pourquoi une recherche brute, listant des résultats sans analyse, ne suffit pas : l’essentiel est l’interprétation.

Les niveaux de recherche

La recherche à l’identique repère les signes strictement identiques. Elle est rapide et peu coûteuse, mais elle laisse passer l’essentiel du risque, les oppositions portant le plus souvent sur des signes similaires.

La recherche de similarités élargit aux signes approchants, phonétiquement ou visuellement, ainsi qu’aux traductions et déclinaisons. C’est le niveau utile pour une décision de dépôt.

L’analyse juridique des résultats est indispensable : elle apprécie, marque par marque, le risque réel de confusion au regard des produits et services envisagés.

Ce que révèle une recherche

Trois situations se présentent.

Aucune antériorité gênante : le dépôt peut être effectué.

Des antériorités dans des secteurs éloignés : le dépôt reste possible en ajustant les classes, ou en acceptant un risque circonscrit.

Une antériorité frontale : il faut changer de signe, négocier un accord de coexistence, ou envisager une action en déchéance si la marque antérieure n’est pas exploitée depuis plus de cinq ans.

Cette dernière hypothèse est fréquemment exploitable : de nombreuses marques enregistrées ne sont plus utilisées.

Le coût comparé

Une recherche approfondie avec analyse représente un investissement modeste au regard de ce qu’elle prévient.

Un changement de nom après lancement suppose de refaire l’identité visuelle, les supports, le site, la signalétique, les emballages, et de reconstruire une notoriété. À quoi s’ajoutent, le cas échéant, des dommages et intérêts.

Vérifier avant d’investir dans un nom

Une marque indisponible se paie au moment où elle a le plus de valeur. Notre expertise en propriété intellectuelle réalise ces recherches et leur analyse.

En résumé

  • L’INPI n’examine pas les droits antérieurs : la vérification incombe au déposant.
  • Les antériorités dépassent les marques : dénominations sociales, noms commerciaux, noms de domaine.
  • Le risque de confusion s’apprécie globalement, signes et produits combinés.
  • Une recherche à l’identique est insuffisante : la recherche de similarités s’impose.
  • Une marque antérieure non exploitée depuis cinq ans peut faire l’objet d’une action en déchéance.

Questions fréquentes

L'INPI vérifie-t-il les marques antérieures ?
Non. Il examine les motifs absolus de refus, comme le caractère distinctif, mais pas les droits antérieurs. Une marque empiétant sur une marque existante peut donc être enregistrée sans difficulté.
Sur quoi porte la recherche ?
Sur les marques françaises, européennes et internationales désignant la France, mais aussi sur les dénominations sociales, noms commerciaux, enseignes, noms de domaine et parfois droits d'auteur, qui peuvent tous constituer des antériorités.
Que risque-t-on sans recherche préalable ?
Une opposition dans les deux mois de la publication, ou une action en nullité ou en contrefaçon des années plus tard, avec obligation de cesser tout usage et de détruire les supports.

Nous contacter :

Nous répondons volontiers à toutes vos questions. Écrivez-nous à mc@cabinetpersee.com , contactez le cabinet sur WhatsApp, ou remplissez notre formulaire de contact.

Articles associés

Autres analyses juridiques du cabinet

Comment rédiger un accord de coexistence entre deux marques ?

Portrait de Matthieu Ciutti

Matthieu Ciutti

Associé fondateur

Comment choisir les classes de produits et services d'une marque ?

Portrait de Matthieu Ciutti

Matthieu Ciutti

Associé fondateur

Un concurrent a réservé un nom de domaine proche du mien : que faire ?

Portrait de Matthieu Ciutti

Matthieu Ciutti

Associé fondateur

Un concurrent utilise un nom proche de ma marque : que faire ?

Portrait de Matthieu Ciutti

Matthieu Ciutti

Associé fondateur