L'adversaire n'exécute pas le jugement rendu en ma faveur : que faire ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Une contestation efficace est écrite, motivée, chiffrée et adressée dans un délai bref. Structure de la réponse et pièges à éviter.
Une contestation efficace est écrite, motivée, chiffrée et adressée dans un délai bref. Structure de la réponse et pièges à éviter.
Une contestation efficace ne se limite pas à un refus de payer. Elle expose des motifs, vise des pièces et se situe dans une chronologie. C’est ce qui la distingue d’une simple opposition de principe.
Le délai de réponse compte autant que son contenu.
Une contestation adressée dans les jours qui suivent la mise en demeure est crédible. La même contestation formulée trois mois plus tard, après plusieurs relances sans réponse, perd l’essentiel de sa force.
Un accusé de réception rapide, indiquant que la demande est examinée et qu’une réponse motivée suivra sous quinzaine, permet de gagner du temps sans laisser s’installer le silence.
Une réponse efficace suit un ordre simple.
Rappeler le contexte de la relation : contrat, commandes, prestations réalisées, échanges antérieurs. Ce rappel factuel situe le différend.
Exposer les motifs de la contestation, point par point. Contestation du principe même de la créance, contestation du montant, prestation non conforme, exception d’inexécution, compensation avec une créance réciproque, prescription acquise.
Viser les pièces qui soutiennent chaque motif, en les identifiant précisément.
Conclure sur la position adoptée : refus de paiement, proposition de règlement partiel, demande de justificatifs complémentaires.
La contestation du montant est la plus courante : acomptes non déduits, prestations non commandées, pénalités appliquées sans fondement contractuel, doublons de facturation.
L’exception d’inexécution permet de refuser d’exécuter lorsque le cocontractant n’a pas exécuté ses propres obligations, à condition que le manquement soit suffisamment grave.
La compensation éteint les dettes réciproques à concurrence de la plus faible, lorsque les deux créances sont certaines, liquides et exigibles.
La prescription doit être vérifiée systématiquement : cinq ans en principe entre commerçants, mais des délais spéciaux plus courts existent.
Reconnaître le principe de la dette en contestant seulement le montant, lorsque le principe lui-même est discutable. Une formulation imprudente vaut reconnaissance.
Proposer un règlement sans réserve : une offre de paiement, même transactionnelle, peut être produite comme un aveu si elle n’est pas formulée sous réserve expresse et à titre purement transactionnel.
Multiplier les moyens peu solides, ce qui affaiblit les arguments réellement pertinents.
Rédiger sous le coup de l’agacement : un courrier polémique ou dénigrant devient une pièce du dossier et peut fonder une demande distincte.
Toute proposition de règlement amiable doit être formulée sous la mention qu’elle est faite à titre purement transactionnel, sans reconnaissance de responsabilité, et qu’elle sera caduque à défaut d’acceptation.
Cette mention n’est pas une formule de style : elle empêche que l’offre soit produite comme un aveu si la négociation échoue.
La réponse à une mise en demeure devient une pièce du dossier judiciaire éventuel.
Elle sera lue par le juge, comparée aux positions ultérieures, et toute contradiction entre les deux sera relevée. Une réponse cohérente avec la défense qui sera présentée ensuite vaut mieux qu’une réponse improvisée qu’il faudra ensuite expliquer.
La position prise dans cette réponse engage la suite du dossier. Notre expertise en contentieux commercial rédige ces réponses.
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