
L'apport-cession de titres (article 150-0 B ter)
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
La garantie d'actif et de passif protège l'acquéreur contre les mauvaises surprises après la cession. Mécanisme et clauses techniques.
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Signer un contrat de cession ne met pas fin aux risques attachés à l’entreprise vendue. Des dettes non comptabilisées, un contentieux né avant la vente ou une erreur d’inventaire peuvent apparaître après la signature, alors que l’acquéreur a déjà payé le prix. C’est précisément ce que couvre la garantie d’actif et de passif (GAP), l’une des clauses les plus disputées de toute négociation de cession.
La garantie d’actif et de passif est une clause par laquelle le vendeur s’engage à indemniser l’acquéreur si un écart défavorable apparaît après la cession, dès lors que son origine est antérieure à celle-ci. Elle repose sur trois éléments cumulatifs :
Pour l’acquéreur, la GAP est la contrepartie logique du prix payé sur la base des comptes présentés par le vendeur. Pour le vendeur, elle représente un risque financier qui peut perdurer plusieurs années après avoir quitté l’entreprise. L’équilibre trouvé sur cette clause pèse souvent aussi lourd dans la négociation que le prix lui-même.
Plusieurs paramètres déterminent la portée réelle de la garantie :
Une garantie contractuelle ne vaut que si le vendeur est effectivement solvable au moment où l’acquéreur l’actionne, parfois plusieurs années après la cession. Trois mécanismes permettent de sécuriser cette exécution :
La banque du vendeur s’engage à payer l’acquéreur sur simple demande, sans possibilité de contestation sauf fraude manifeste. Son coût représente généralement 0,5 à 1 % par an du montant garanti.
Une partie du prix de cession est bloquée sur un compte tiers jusqu’à l’expiration de la garantie. Cette solution, moins coûteuse que la garantie bancaire, immobilise en revanche une partie du produit de cession que le vendeur ne peut pas utiliser immédiatement.
Une police d’assurance se substitue au vendeur comme débiteur de l’indemnisation en cas de mise en jeu de la garantie, moyennant une prime unique représentant 1 à 2 % du prix de vente. Cette solution, de plus en plus utilisée dans les opérations de taille significative, permet au vendeur de “sortir propre” de l’opération sans risque résiduel prolongé.
La rédaction de la garantie d’actif et de passif est un exercice de rédaction contractuelle fine : chaque paramètre (seuil, franchise, plafond, durée, procédure de notification) résulte d’un équilibre négocié entre les parties, qui doit être formulé sans ambiguïté pour éviter tout contentieux ultérieur sur son interprétation. Notre expertise en fusions-acquisitions et en ingénierie contractuelle porte sur cette négociation et cette rédaction, côté cédant comme côté repreneur.
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