Un algorithme est-il protégeable juridiquement ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Distinction entre garantie et maintenance, types de maintenance, droit de correction, dépôt du code et changement de prestataire.
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Prendre rendez-vousDistinction entre garantie et maintenance, types de maintenance, droit de correction, dépôt du code et changement de prestataire.
La maintenance est l’angle mort des contrats de développement. Elle représente pourtant l’essentiel du coût sur la durée de vie d’un produit.
La garantie couvre la correction des anomalies affectant la conformité au cahier des charges, pendant une durée déterminée après la recette, sans frais supplémentaires.
La maintenance est une prestation distincte, facturée, couvrant la vie du logiciel après la garantie.
Cette distinction doit être expresse : sans elle, le prestataire facture des corrections que le client estime dues, et réciproquement.
La maintenance corrective : correction des anomalies apparaissant en exploitation.
La maintenance adaptative : adaptation du logiciel aux évolutions de son environnement, systèmes, navigateurs, interfaces tierces, obligations réglementaires.
La maintenance évolutive : ajout de fonctionnalités nouvelles.
La maintenance préventive : mises à jour de sécurité, correction de vulnérabilités, actualisation des dépendances.
Chacune obéit à une économie différente et doit être tarifée séparément.
Le contrat doit définir ce qui relève de chaque catégorie, la frontière entre correctif et évolutif étant la source principale de désaccord.
C’est le point juridique décisif.
La cession des droits doit inclure le droit de modifier le logiciel et de corriger ses erreurs.
En son absence, la loi réserve la correction des erreurs à la personne habilitée à utiliser le logiciel, dans la limite de ce qui est nécessaire à son utilisation conforme, et le contrat peut restreindre cette faculté.
Un client qui n’a pas obtenu ces droits est captif de son prestataire.
Cette captivité se révèle au moment où la relation se dégrade, et elle a un prix.
Un délai de prise en charge et un délai de rétablissement, différenciés par gravité.
Une classification des anomalies définie objectivement : bloquante, majeure, mineure.
Des plages d’intervention et des modalités de saisine.
Des pénalités plafonnées en cas de manquement.
Ces engagements doivent être calibrés sur la capacité réelle du prestataire.
La maintenance préventive mérite un traitement spécifique.
Le contrat doit prévoir l’application des correctifs de sécurité, la surveillance des vulnérabilités affectant les composants tiers et un délai d’intervention en cas de vulnérabilité critique.
Ce point prend une importance particulière depuis l’entrée en application des obligations de signalement du règlement européen sur la cyberrésilience, applicables depuis le 11 septembre 2026 aux produits comportant des éléments numériques : alerte précoce dans les vingt-quatre heures, notification complète dans les soixante-douze heures et rapport final dans les quatorze jours suivant la disponibilité d’une mesure corrective.
Ces obligations pèsent sur le fabricant du produit : la répartition des rôles avec le prestataire de maintenance doit être stipulée.
Il consiste à déposer le code source et la documentation chez un tiers de confiance.
Le contrat définit les événements permettant la libération au profit du client : liquidation du prestataire, cessation d’activité, manquement grave persistant.
Ce mécanisme rassure les clients importants et se négocie fréquemment dans les contrats grands comptes.
Il suppose un dépôt réellement à jour : un dépôt initial jamais actualisé est sans valeur.
Il doit être organisé au contrat.
Une obligation de réversibilité : remise des sources à jour, documentation, transfert de compétences, assistance au prestataire repreneur pendant une durée définie.
Une tarification de cette assistance, faute de quoi elle sera refusée ou facturée librement.
Un préavis de résiliation permettant d’organiser la transition.
Elle conditionne la reprise par un tiers.
Le contrat doit imposer sa production et sa mise à jour : architecture, choix techniques, procédures de déploiement, dépendances et leurs licences, jeux de tests.
Une documentation absente rend la reprise plus coûteuse que la réécriture.
Le rapport de force est favorable avant la signature, jamais après. Notre expertise en ingénierie contractuelle rédige ces contrats.
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