Comment rédiger un accord de niveau de service ?

Définition de la disponibilité, exclusions, mesure, pénalités et articulation avec la responsabilité contractuelle.

Définition de la disponibilité, exclusions, mesure, pénalités et articulation avec la responsabilité contractuelle.

Introduction

L’accord de niveau de service est le document qui transforme une promesse commerciale en engagement mesurable. Mal rédigé, il expose l’éditeur bien au-delà de son intention.

L’intérêt d’un engagement chiffré

Sans engagement, l’éditeur est tenu de fournir un service conforme à sa destination, obligation appréciée sans référence chiffrée.

Un engagement chiffré délimite cette obligation : il fixe ce qui est promis et, par différence, ce qui ne l’est pas.

Il est donc protecteur pour l’éditeur, à condition d’être rédigé avec précision.

La définition de la disponibilité

C’est le point central.

Que signifie indisponible : service totalement inaccessible, fonctionnalité principale inutilisable, ou dégradation des performances.

Une définition limitée à l’inaccessibilité totale est protectrice ; une définition incluant les dégradations expose davantage.

La période de mesure : mensuelle, trimestrielle. Une mesure mensuelle est plus exigeante qu’une mesure annuelle.

La méthode de calcul : rapport entre le temps de disponibilité et le temps total de la période, après déduction des exclusions.

L’outil de mesure faisant foi : les relevés de l’éditeur, ceux d’un tiers, ou les deux.

Les exclusions

Elles déterminent la portée réelle de l’engagement.

Les maintenances planifiées, annoncées avec un préavis défini et réalisées dans des fenêtres convenues.

Les maintenances d’urgence, encadrées dans leur durée et leur fréquence.

Les indisponibilités imputables au client : configuration, réseau, usage non conforme, dépassement des volumétries.

Les indisponibilités imputables à un tiers hors du contrôle de l’éditeur : fournisseur d’infrastructure, opérateur, service tiers intégré à la demande du client.

La force majeure et les attaques informatiques présentant les caractères de l’imprévisibilité et de l’irrésistibilité.

Ces exclusions doivent être définies : une exclusion générale des causes extérieures vide l’engagement de sa substance et sera écartée.

Les niveaux de service du support

Distinguer le délai de prise en charge et le délai de résolution.

S’engager sur un délai de prise en charge est réaliste ; s’engager sur un délai de résolution ne l’est que pour les incidents dont la cause est maîtrisée.

Une classification des incidents par criticité, avec des délais différenciés, constitue le standard.

La criticité doit être définie objectivement, et non laissée à l’appréciation du client.

Les pénalités

Elles prennent généralement la forme d’un avoir, calculé en pourcentage de la redevance de la période concernée, par palier de manquement.

Un plafond global doit être stipulé, exprimé en fraction de la redevance annuelle.

La clause doit préciser que les pénalités constituent la sanction exclusive du manquement au niveau de service, faute de quoi le client peut cumuler pénalités et action en responsabilité.

Les pénalités doivent être demandées par le client dans un délai déterminé, à peine de forclusion.

Une clause pénale manifestement excessive peut être réduite par le juge, comme une clause dérisoire peut être augmentée.

L’articulation avec la responsabilité

Le niveau de service ne doit pas priver de sa substance l’obligation essentielle de l’éditeur.

Un engagement de disponibilité assorti de pénalités symboliques, cumulé à une exclusion générale de responsabilité, expose la clause à être réputée non écrite.

L’équilibre consiste à prévoir des pénalités réelles, plafonnées, avec une exclusion des seuls dommages indirects énumérés.

La sortie pour manquement répété

Une clause permettant au client de résilier sans indemnité en cas de manquements répétés est usuelle et légitime.

Elle doit être encadrée : nombre de manquements, sur une période définie, après mise en demeure.

Elle constitue souvent le point de négociation le plus dur avec les clients importants.

La mesure et la transparence

Un rapport périodique de disponibilité, adressé au client ou accessible en ligne.

Une page publique d’état du service, qui documente les incidents en temps réel.

Cette transparence réduit considérablement le contentieux : les litiges naissent plus souvent du silence que de l’incident.

Calibrer l’engagement avant de le promettre

Un niveau de service se calcule à partir des mesures réelles, jamais du discours commercial. Notre expertise en ingénierie contractuelle rédige ces accords.

En résumé

  • Définir précisément ce qui constitue une indisponibilité et la méthode de mesure.
  • Les exclusions déterminent la portée réelle de l’engagement, et doivent être énumérées.
  • Distinguer délai de prise en charge et délai de résolution.
  • Stipuler que les pénalités constituent la sanction exclusive, avec un plafond.
  • Un engagement vidé de substance expose la limitation de responsabilité à être écartée.

Questions fréquentes

Un niveau de service est-il obligatoire ?
Non. Mais en son absence, l'éditeur est tenu d'une obligation de fournir un service conforme, appréciée sans référence chiffrée, ce qui est moins prévisible pour les deux parties.
Que doit définir la clause de disponibilité ?
Ce qui constitue une indisponibilité, la période de mesure, la méthode de calcul, les exclusions et l'outil de mesure faisant foi.
Les pénalités sont-elles la seule sanction ?
Elles peuvent être stipulées comme sanction exclusive, ce qui protège l'éditeur. À défaut, le client peut également agir en responsabilité.

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