Cession de fonds de commerce : sort des contrats de marque

La marque suit le fonds cédé, mais pas automatiquement les contrats de licence qui y sont attachés. Précision de la Cour de cassation et précautions à prendre.

Sculpture rouge abstraite se détachant sur un ciel bleu

La marque suit le fonds cédé, mais pas automatiquement les contrats de licence qui y sont attachés. Précision de la Cour de cassation et précautions à prendre.

Introduction

Céder un fonds de commerce emporte-t-il automatiquement la transmission des contrats de licence de marque qui y sont attachés ? La Cour de cassation a récemment apporté une clarification importante sur ce point, aux conséquences pratiques significatives pour les cédants comme pour les repreneurs.

Le principe : la marque suit le fonds, pas les contrats

Selon le Code de la propriété intellectuelle, les marques suivent automatiquement le sort du fonds de commerce transmis. La Cour de cassation a toutefois précisé, en février 2026, que cette règle ne s’étend pas aux contrats attachés à ces marques, notamment les licences ou accords de distribution conclus par le cédant.

L’accord du cocontractant, condition indispensable

Les contrats de licence ou de distribution liés à une marque ne se transfèrent que si le partenaire contractuel consent explicitement au changement de titulaire. Le repreneur du fonds ne peut donc jamais imposer unilatéralement la poursuite de ces contrats à son cocontractant.

Une illustration jurisprudentielle éclairante

Dans l’affaire jugée, un producteur de chaussons avait cédé une licence de marque à un partenaire historique. Lors de redressements judiciaires successifs, le licencié tentait d’imposer la continuation du contrat aux nouveaux repreneurs du fonds. La Cour a rejeté cette prétention, confirmant que l’accord du cocontractant demeurait indispensable.

Les précautions à prendre en amont

Inscrire les contrats de licence auprès du registre national des marques les rend opposables aux tiers, les futurs acquéreurs étant alors réputés informés de leur existence. Il est également recommandé d’inclure des clauses stipulant que le contrat persiste indépendamment du changement de titulaire de la marque, particulièrement utiles pour les accords de coexistence ou les licences stratégiques.

Le cas particulier du redressement judiciaire

En cas de procédure collective, documenter explicitement quels contrats sont repris ou abandonnés par les repreneurs devient une nécessité, afin d’éviter tout contentieux ultérieur avec les licenciés historiques.

Sécuriser une cession de fonds impliquant des marques

Anticiper le sort des contrats de licence avant même d’engager une cession de fonds de commerce permet d’éviter des différends coûteux avec les partenaires contractuels. Notre expertise en propriété intellectuelle et en fusions-acquisitions accompagne cette anticipation.

En résumé

  • La marque suit automatiquement le fonds cédé, contrairement aux contrats qui y sont attachés.
  • L’accord du cocontractant reste indispensable pour transférer un contrat de licence.
  • L’inscription au registre national des marques renforce l’opposabilité du contrat aux tiers.
  • Un redressement judiciaire impose de documenter précisément les contrats repris ou abandonnés.

Questions fréquentes

Un contrat de licence de marque se transmet-il automatiquement avec le fonds de commerce ?
Non, si la marque elle-même suit automatiquement le sort du fonds cédé, les contrats de licence ou de distribution qui y sont attachés ne se transfèrent que si le partenaire contractuel consent explicitement à ce changement de titulaire.
Comment sécuriser la transmission d'un contrat de licence lors d'une cession ?
L'inscription du contrat de licence auprès du registre national des marques le rend opposable aux tiers : les futurs acquéreurs sont alors réputés informés de son existence, ce qui renforce sa portée juridique lors de la cession.
Que se passe-t-il en cas de redressement judiciaire du cédant ?
Il devient essentiel de documenter explicitement quels contrats sont repris par le nouvel exploitant et lesquels sont abandonnés, faute de quoi des contentieux peuvent survenir entre le licencié historique et les repreneurs successifs du fonds.

Une question sur ce sujet ?

Réservez un entretien de découverte de 20 minutes, gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous

Articles associés

Autres analyses juridiques du cabinet

Reflet doré et abstrait d'un immeuble de bureaux
droit des affaires

L'apport-cession de titres (article 150-0 B ter)

Céder ses titres via une holding permet, sous conditions, de reporter l'imposition de la plus-value. Mécanisme et conditions de réinvestissement.

Lire la suite

Reflet doré et abstrait d'un immeuble de bureaux
droit des affaires

CEHR et CDHR pour les dirigeants cédants

Deux contributions s'ajoutent à l'imposition des hauts revenus lors d'une cession. Panorama de la CEHR et de la CDHR pour les dirigeants concernés.

Lire la suite

Architecture abstraite en noir et blanc
droit des affaires

Céder son entreprise : les étapes clés

Une cession d'entreprise se prépare des mois, voire des années, à l'avance. Panorama des étapes, des documents clés et des pièges les plus fréquents.

Lire la suite

Sculpture rouge abstraite se détachant sur un ciel bleu
propriété intellectuelle

Comment déposer sa marque

Protéger l'identité de votre entreprise passe par le dépôt de marque auprès de l'INPI. Voici les enjeux, les critères et les étapes de la procédure.

Lire la suite

Échange professionnel dans un bureau

Une décision importante mérite plus qu'une réponse.

Échangeons sur votre situation, vos objectifs et les risques à anticiper. Vous repartirez avec une vision claire des options qui s'offrent à vous.