Un acquéreur peut-il refuser d'acheter un logiciel vibe-codé ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Lecture de la clause, exception relative aux prestataires, autorisation préalable, rédaction des contrats futurs et information du client.
Lecture de la clause, exception relative aux prestataires, autorisation préalable, rédaction des contrats futurs et information du client.
Un prestataire intervenant sur le code d’un client manipule un actif qui ne lui appartient pas. L’usage d’un outil externe soulève alors une question contractuelle avant toute question technique.
Trois rédactions se rencontrent.
L’interdiction absolue de divulguer à quiconque, sans exception. Elle est rare et interdit en pratique tout recours à un outil externe.
L’autorisation de communiquer aux salariés et prestataires ayant besoin d’en connaître, soumis à des obligations de confidentialité équivalentes. C’est la rédaction la plus fréquente : elle peut couvrir l’usage d’un outil, sous conditions.
L’exigence d’un accord préalable écrit pour toute communication à un tiers, parfois avec une liste annexée. Elle impose d’obtenir l’autorisation.
La lecture de la clause précise du contrat concerné est donc le préalable.
Lorsque la clause autorise la communication à des prestataires soumis à des obligations équivalentes, deux vérifications s’imposent.
L’éditeur de l’outil est-il soumis à des obligations de confidentialité équivalentes. Les offres professionnelles comportent généralement des engagements de confidentialité ; les offres grand public souvent pas.
Les saisies sont-elles réutilisées pour l’entraînement. Dans l’affirmative, l’éditeur ne traite pas pour le compte du prestataire mais pour ses propres finalités : l’exception ne couvre pas cette configuration.
Une offre professionnelle excluant la réutilisation et comportant un engagement de confidentialité s’inscrit raisonnablement dans l’exception.
Lorsqu’elle est requise, elle doit être écrite.
La demande doit décrire les outils utilisés, l’offre souscrite, l’exclusion de la réutilisation des saisies, la localisation des traitements, la durée de conservation et les mesures de minimisation appliquées.
Une demande argumentée est généralement acceptée ; une demande sommaire suscite un refus par précaution.
Une autorisation générale, obtenue une fois pour l’ensemble de la relation, est préférable à une demande par projet.
C’est la solution structurelle.
Une clause décrivant le recours à des outils d’assistance au développement, précisant les garanties associées et l’engagement de ne soumettre que le nécessaire, évite toute demande ultérieure.
Elle doit être présentée comme une description de la méthode de travail, non comme une dérogation.
Elle peut être assortie d’un engagement de ne pas recourir à ces outils sur les projets que le client désigne comme sensibles.
Certains secteurs et certains clients refusent par principe.
Deux réponses existent.
Le déploiement local d’un modèle sur l’infrastructure du prestataire ou du client, qui supprime la transmission à un tiers.
L’affectation de ces projets à des équipes travaillant sans assistance, avec une traçabilité permettant de le démontrer.
Cette segmentation doit être organisée et documentée : une règle non applicable en pratique ne protège pas.
Au-delà de la clause, le code d’un client peut constituer un secret d’affaires.
Sa protection suppose des mesures raisonnables pour en conserver le caractère secret.
Une transmission non encadrée peut faire perdre cette qualification, ce qui causerait au client un préjudice dépassant le manquement contractuel.
Cette dimension renforce l’exigence de rigueur.
Lorsque le code ou les jeux de test contiennent des données personnelles du client, l’éditeur de l’outil devient un sous-traitant ultérieur.
Le contrat de sous-traitance conclu avec le client encadre alors le recours : autorisation générale ou spécifique, notification des changements, droit d’objection.
Ce point doit être traité en même temps que la clause de confidentialité.
Conserver l’autorisation obtenue, les conditions de l’outil à la date de l’usage et la trace des mesures appliquées.
Cette documentation constitue la réponse en cas de contestation ultérieure, et un élément d’audit.
Une clause rédigée au départ évite une demande d’autorisation en cours de projet. Notre expertise en ingénierie contractuelle rédige ces clauses.
Nous contacter :
Nous répondons volontiers à toutes vos questions. Écrivez-nous à mc@cabinetpersee.com , contactez le cabinet sur WhatsApp, ou remplissez notre formulaire de contact.
Autres analyses juridiques du cabinet
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Matthieu Ciutti
Associé fondateur