Un acquéreur peut-il refuser d'acheter un logiciel vibe-codé ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Déplacement de la valeur vers les revenus récurrents, la marque, les données et l'équipe. Effets sur la structure de l'opération.
Déplacement de la valeur vers les revenus récurrents, la marque, les données et l'équipe. Effets sur la structure de l'opération.
L’absence de protection du code inquiète moins les acquéreurs qu’on ne l’imagine, parce que la valeur d’un éditeur ne réside pas principalement dans un monopole juridique.
Les revenus récurrents et leur prévisibilité.
Le taux d’attrition et la durée de vie d’un client.
Le coût d’acquisition et son évolution.
La clientèle et sa diversification.
La marque et la notoriété.
Les données accumulées, lorsqu’elles créent un effet cumulatif.
L’équipe et sa connaissance du produit.
Aucun de ces éléments ne dépend de la protection du code par le droit d’auteur.
Elle permet d’agir contre une reproduction servile.
Cette hypothèse est plus rare qu’il n’y paraît : un concurrent ne recopie généralement pas le code, il redéveloppe des fonctionnalités équivalentes, ce qui a toujours été licite, les fonctionnalités n’étant pas protégées.
La protection du code n’a donc jamais constitué la barrière principale.
Elle joue en revanche un rôle dans la sécurisation de l’opération : un acquéreur veut la certitude que personne ne pourra revendiquer de droits sur ce qu’il achète.
C’est cette dimension, plus que la capacité à agir contre un concurrent, qui compte.
L’avance technique et la vitesse d’exécution.
Les données accumulées, difficilement reproductibles.
Les intégrations et l’écosystème.
Les coûts de changement pour le client.
La relation commerciale et la connaissance du métier.
La marque et la position de référence.
Ces barrières sont celles que l’acquéreur évalue.
La marque déposée, dont la démonstration est immédiate.
Les dessins et modèles sur les éléments d’interface.
Le secret des affaires, sous condition de mesures effectives.
Le parasitisme, appuyé sur la documentation des investissements.
La protection résiduelle par le droit d’auteur sur l’architecture, documentée.
Un dossier présentant ces protections de manière ordonnée change la perception de l’actif.
Le complément de prix conditionnel, indexé sur des indicateurs de performance postérieurs à la cession. Il transfère à l’acquéreur le risque de la valeur et au cédant l’intérêt à la préserver.
L’engagement de présence des personnes clés, avec une durée et une rémunération. Lorsque la valeur réside dans la connaissance du produit, cet engagement est plus sécurisant qu’une garantie de titularité.
Le réinvestissement du cédant au capital de l’acquéreur, qui aligne les intérêts.
Un séquestre calibré sur le risque réellement identifié.
Ces mécanismes traitent l’incertitude sans grever le prix.
L’absence totale de documentation, qui suggère une méthode non maîtrisée.
L’absence de vérification des composants tiers et de leurs licences.
L’absence de politique interne encadrant l’usage des outils.
Une qualité de code faible, avec une dette technique importante et des vulnérabilités non corrigées.
Une dépendance forte à un outil ou à un service tiers, sans alternative identifiée.
Ces éléments sont corrigeables et leur correction améliore directement la valorisation.
Douze mois avant : documenter la méthode, inventorier les composants, corriger les vulnérabilités, constituer les protections alternatives, rédiger la politique interne.
Six mois avant : préparer la note de présentation de la méthode de développement, l’annexe de divulgation et le dossier des protections.
Cette préparation coûte peu et modifie substantiellement la présentation de l’actif.
Il est devenu systématique et son résultat pèse davantage que la question de la protection juridique.
Qualité du code, couverture de tests, dette technique, sécurité, maintenabilité, documentation.
Un code produit rapidement présente fréquemment des faiblesses sur ces points : leur correction préalable a un effet direct sur le prix.
La valeur se démontre par les revenus et les barrières réelles, pas par un titre. Notre expertise en fusions-acquisitions prépare ces dossiers.
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