Expulsion d'un locataire commercial : la procédure
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Nullité du commandement, contestation du décompte, mauvaise foi du bailleur, délais de grâce : les quatre défenses du preneur menacé de résiliation.
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Prendre rendez-vousNullité du commandement, contestation du décompte, mauvaise foi du bailleur, délais de grâce : les quatre défenses du preneur menacé de résiliation.
Un locataire qui reçoit un commandement visant la clause résolutoire dispose de quatre défenses, qui se cumulent et n’exigent pas les mêmes preuves.
C’est la défense la plus mécanique, et elle se lit sur l’acte.
Le commandement doit reproduire les mentions exigées, notamment celle relative au délai dont dispose le preneur, et viser précisément les manquements reprochés ainsi que les sommes réclamées.
Un acte imprécis, qui ne permet pas de comprendre ce qui est demandé ni de régulariser, encourt la nullité. Cette vérification se fait immédiatement, car elle peut suffire à faire tomber la procédure.
La clause résolutoire ne peut jouer que pour les sommes réellement dues.
Le décompte se reprend poste par poste : loyers, charges, indexation, intérêts, frais. Les refacturations sans fondement contractuel, les charges absentes de l’inventaire, une indexation mal calculée ou une imputation erronée des paiements réduisent d’autant la créance.
Une contestation sérieuse change la nature du débat, mais elle ne suspend pas le délai par elle même : elle doit s’accompagner d’une saisine du juge.
Elle se documente par des éléments concrets.
Un commandement délivré pour un arriéré minime alors que le bailleur poursuit un autre objectif, une mise en œuvre brutale après des années de tolérance, ou un refus d’examiner une proposition de règlement raisonnable peuvent être invoqués.
Le juge peut alors écarter le jeu de la clause.
C’est le levier principal du preneur de bonne foi.
Le juge peut accorder des délais et suspendre la réalisation et les effets de la clause, tant que la résiliation n’a pas été définitivement constatée.
Le respect de l’échéancier fait que la clause est réputée n’avoir jamais joué. Son non respect peut au contraire faire revivre la résiliation.
Le paiement intégral des causes du commandement dans le délai neutralise la clause.
Partiel, il ne produit pas cet effet, quelle que soit son importance. Un preneur qui règle l’essentiel en laissant un reliquat contesté reste exposé, ce qui rend la vérification du décompte urgente.
Saisir le juge avant l’expiration du délai place le preneur dans une position sans commune mesure avec une réaction postérieure. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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