Loyers impayés : le locataire peut-il s'opposer à la résiliation ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Du constat de la résiliation à l'exécution : les étapes d'une expulsion en matière de bail commercial, et les délais qui les séparent.
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Prendre rendez-vousDu constat de la résiliation à l'exécution : les étapes d'une expulsion en matière de bail commercial, et les délais qui les séparent.
L’expulsion est le terme d’une procédure, jamais son point de départ. Entre la décision de récupérer le local et la libération effective des lieux, plusieurs étapes se succèdent, chacune avec ses délais.
Le principe mérite d’être rappelé parce qu’il est parfois oublié dans des situations tendues.
Changer les serrures, couper les fluides, empêcher l’accès ou reprendre le local de sa propre autorité constituent des voies de fait qui exposent le bailleur, quelle que soit la réalité de la dette.
L’expulsion suppose un titre judiciaire et une exécution conduite par un commissaire de justice.
Le bailleur doit d’abord faire constater ou prononcer la résiliation du bail.
Lorsqu’une clause résolutoire a été mise en œuvre par un commandement demeuré infructueux, le juge des référés est généralement saisi pour en constater l’acquisition et ordonner l’expulsion.
À défaut de clause, ou lorsque son jeu est contesté, la résiliation se demande au fond, ce qui allonge sensiblement le calendrier.
La nullité du commandement pour irrégularité formelle, la contestation du décompte réclamé, la mauvaise foi du bailleur dans la mise en œuvre de la clause, ou une demande de délais assortie d’un échéancier.
Lorsque des délais sont accordés et l’échéancier respecté, la clause résolutoire est réputée n’avoir jamais joué.
Le titre obtenu, l’exécution est confiée à un commissaire de justice.
Elle obéit à ses propres règles et à ses propres délais, qui s’ajoutent à ceux de la procédure judiciaire. Le sort des marchandises, du matériel et des éléments du fonds laissés dans les lieux relève de dispositions particulières que le bailleur ne peut écarter.
Entre le premier impayé et la libération effective des lieux, plusieurs mois s’écoulent dans les meilleures conditions, davantage lorsque la résiliation est contestée ou que des délais sont accordés.
Ce calendrier entre dans l’arbitrage économique : pendant toute cette période, le local ne produit pas de revenu et la dette continue de courir sur un débiteur dont la solvabilité se dégrade.
Nous conduisons la procédure du commandement à l’exécution, et défendons les preneurs à chacune de ces étapes. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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