Résilier un bail commercial avant son terme
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Aucune faculté de résiliation avant trois ans : les voies restantes et ce qu'elles coûtent quand la sortie ne peut pas attendre.
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Prendre rendez-vousAucune faculté de résiliation avant trois ans : les voies restantes et ce qu'elles coûtent quand la sortie ne peut pas attendre.
Une activité qui ne démarre pas, un associé qui se retire, un local qui se révèle inadapté : les raisons de vouloir sortir tôt ne manquent pas. La faculté triennale, elle, ne s’ouvre pas avant trois ans.
La faculté de résiliation triennale ne s’exerce qu’à l’expiration d’une période de trois ans.
Avant cette échéance, le preneur reste tenu, et le simple départ des lieux ne met pas fin au bail : les loyers continuent de courir.
C’est le point le plus coûteux de la matière, parce qu’il est méconnu. Un preneur qui rend les clés en cessant de payer accumule une dette sur plusieurs années, dont il découvre l’ampleur au moment de l’assignation.
C’est la voie la plus courante, et souvent la plus économique.
Elle suppose que le bail l’autorise et que les conditions d’agrément soient réunies. Elle transfère l’obligation au cessionnaire, sous réserve de la clause de solidarité qui peut maintenir le cédant garant pendant une durée encadrée.
Trouver un cessionnaire prend du temps, ce qui impose de l’engager dès que la décision de sortir est prise, non lorsque la trésorerie est épuisée.
Le bailleur peut accepter de libérer le preneur, généralement contre indemnité.
Sa position dépend de l’état du marché locatif et de l’intérêt qu’il porte au local. Un bailleur qui peut relouer rapidement à de meilleures conditions accepte plus facilement qu’un bailleur confronté à une vacance.
L’indemnité se négocie au regard de son préjudice réel : durée probable de vacance, frais de relocation, écart éventuel de loyer.
Lorsque le bailleur manque gravement à ses obligations, notamment de délivrance ou de jouissance paisible, une résiliation judiciaire peut être demandée.
Cette voie suppose d’établir le manquement et sa gravité, et son issue reste incertaine. Elle prend du temps et les loyers continuent de courir pendant la procédure.
Elle se justifie lorsque le manquement est sérieux et documenté, rarement comme expédient de sortie.
Partir en cessant de payer, sans avoir réglé la question juridique, est la décision la plus coûteuse.
Elle expose à une dette qui s’accumule, à un commandement, puis à une condamnation portant sur l’intégralité des loyers restant dus jusqu’au terme ou jusqu’à relocation.
Nous organisons la sortie avant le départ des lieux, par cession ou par négociation. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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