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Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Clauses réputées non écrites, dispositions d'ordre public, déséquilibre : les fondements permettant de neutraliser une clause de bail commercial.
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Prendre rendez-vousClauses réputées non écrites, dispositions d'ordre public, déséquilibre : les fondements permettant de neutraliser une clause de bail commercial.
Un bail commercial se signe souvent dans l’urgence d’une ouverture. Certaines clauses acceptées à ce moment là peuvent pourtant être privées d’effet, sans que le bail entier soit remis en cause.
Le statut des baux commerciaux comporte des dispositions d’ordre public auxquelles les parties ne peuvent déroger.
Une clause contraire à l’une de ces dispositions est réputée non écrite. Elle disparaît du bail, qui subsiste pour le reste.
Ce mécanisme est plus favorable au preneur qu’une nullité : il ne remet pas en cause le bail lui même, dont la survie est précisément ce qui l’intéresse.
Celles qui imputent au preneur des dépenses que la loi interdit de lui transférer, notamment les grosses réparations touchant à la structure de l’immeuble et certains impôts liés à la qualité de propriétaire.
Celles qui font échec, directement ou indirectement, au droit au renouvellement ou au droit à indemnité d’éviction.
Certaines clauses d’indexation, lorsque leur rédaction crée une distorsion ou organise un jeu à sens unique.
Certaines clauses de résiliation, lorsqu’elles écartent des protections prévues par le statut.
Toute clause défavorable n’est pas pour autant écartable.
Un bail peut mettre à la charge du preneur des obligations lourdes sans être irrégulier, dès lors qu’il reste dans les limites que la loi autorise. Un loyer élevé, des charges importantes ou une destination étroite relèvent de la négociation, non de la sanction.
La distinction se fait sur le texte : ce que la loi interdit d’imputer ou d’écarter, et ce qu’elle laisse à la liberté des parties.
La clause disparaît, le bail demeure.
Les sommes versées sur le fondement d’une clause réputée non écrite peuvent en outre être réclamées, dans la limite de la prescription applicable, ce qui donne à l’examen une portée rétroactive parfois significative sur un bail ancien.
Il intervient rarement à froid.
C’est le plus souvent à l’occasion d’un litige, d’une demande de renouvellement ou d’un projet de cession que le bail se relit en entier. Le faire plus tôt, notamment avant l’acquisition d’un fonds, évite d’acheter des contraintes qui auraient pu être neutralisées.
Nous examinons les clauses au regard des dispositions impératives du statut. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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