Tacite prolongation d'un bail commercial : quelles conséquences ?
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Comment se calcule la durée effective d'un bail commercial, et pourquoi le franchissement de douze ans change entièrement la discussion sur le loyer.
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Prendre rendez-vousComment se calcule la durée effective d'un bail commercial, et pourquoi le franchissement de douze ans change entièrement la discussion sur le loyer.
Le seuil de douze ans est la seule cause de déplafonnement qui ne se discute pas : elle résulte du calendrier, non d’une appréciation.
La durée à retenir n’est pas celle du contrat mais celle de l’occupation sous le même bail.
Un bail conclu pour neuf ans et prolongé tacitement pendant plus de trois ans atteint le seuil. Un bail initialement conclu pour une durée supérieure à neuf ans peut l’atteindre par lui même.
Ce calcul suppose de reprendre l’acte initial, ses avenants, et l’historique des renouvellements. Sur des baux anciens plusieurs fois reconduits, la date exacte du point de départ réserve parfois des surprises.
Le plafonnement cesse de s’appliquer au renouvellement.
Le loyer peut alors être fixé à la valeur locative, appréciée selon les caractéristiques du local, la destination, les obligations des parties, la commercialité et les prix du voisinage.
Sur un bail ancien dont le loyer n’a suivi qu’un indice pendant douze ans, l’écart avec la valeur locative atteint fréquemment plusieurs dizaines de pour cent.
C’est une nuance importante et souvent négligée.
Le franchissement du seuil ouvre la possibilité de fixer le loyer à la valeur locative. Il ne détermine pas ce montant.
La valeur locative reste à établir, sur des références comparables et locales, et se discute devant le juge des loyers commerciaux après la phase de conciliation. Un bailleur qui invoque le seuil sans avoir préparé son dossier de valeur locative n’a fait que la moitié du chemin.
Lorsque le déplafonnement conduit à une augmentation importante, son application est étalée dans le temps selon un mécanisme de lissage annuel.
Le gain réel du bailleur, comme la charge réelle du preneur, doivent donc être calculés sur plusieurs exercices et non sur le seul montant final.
Pour le preneur, la parade existe et elle est simple : demander le renouvellement avant que la durée effective n’atteigne douze ans.
Elle suppose d’avoir suivi le calendrier, ce qui renvoie à l’intérêt de connaître la date exacte du point de départ de la période en cours.
Pour le bailleur, la stratégie inverse consiste à laisser courir la prolongation jusqu’au franchissement, en préparant pendant ce temps le dossier de valeur locative.
Nous reconstituons la durée effective et chiffrons l’écart avant le franchissement du seuil, des deux côtés. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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