Acheter un droit au bail : les risques à connaître
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Deux sommes versées à l'entrée dans un local commercial, deux régimes distincts : à qui elles se paient, ce qu'elles recouvrent et leur traitement.
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Prendre rendez-vousDeux sommes versées à l'entrée dans un local commercial, deux régimes distincts : à qui elles se paient, ce qu'elles recouvrent et leur traitement.
Deux sommes portent des noms voisins, se versent au même moment et n’ont presque rien en commun. La confusion coûte cher au moment de la sortie.
C’est la distinction première, et elle suffit souvent à éclairer le reste.
Le pas-de-porte se verse au bailleur, à l’occasion de la conclusion du bail.
Le droit au bail se verse au locataire sortant, en contrepartie de la cession du bénéfice de son bail.
Sa nature juridique dépend de la volonté des parties et de la rédaction du bail.
Il peut s’analyser en un supplément de loyer versé d’avance, ou en une indemnité compensant un avantage consenti au preneur, par exemple un loyer inférieur à la valeur locative ou des droits particuliers.
Cette qualification n’est pas théorique. Elle emporte des conséquences sur le traitement de la somme et peut influencer la discussion ultérieure sur le loyer, notamment au renouvellement.
Le bail gagne donc à préciser expressément ce que les parties ont entendu, plutôt qu’à laisser la qualification se construire après coup.
Il représente la valeur de l’avantage que constitue le bail lui même.
Cette valeur tient principalement à l’écart entre le loyer payé et la valeur locative du marché, capitalisé sur la durée résiduelle probable, et à la qualité de l’emplacement.
Un bail dont le loyer est aligné sur le marché a une valeur de droit au bail faible, quelle que soit la qualité du local.
La différence apparaît pleinement au moment du départ.
Le pas-de-porte versé au bailleur ne se récupère pas. Il est définitivement acquis.
Le droit au bail, lui, constitue un actif que le preneur peut revendre au locataire suivant, à condition que le bail autorise la cession. C’est ce qui explique qu’un bail interdisant la cession du droit au bail seul ampute la valeur de sortie.
Un preneur qui accepte un pas-de-porte élevé et un bail restreignant la cession future paie deux fois : à l’entrée, et à la sortie par l’impossibilité de valoriser son bail.
L’arbitrage entre le montant du pas-de-porte, le niveau du loyer et les conditions de cession se fait donc ensemble, à la négociation initiale.
Nous articulons pas-de-porte, loyer et conditions de cession lors de la négociation initiale. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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