Bail commercial de plus de douze ans : le déplafonnement automatique
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Sans initiative de l'une des parties, un bail commercial ne s'arrête pas à son terme : il se prolonge. Ce que cela change, et ce qu'il faut décider avant.
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Prendre rendez-vousSans initiative de l'une des parties, un bail commercial ne s'arrête pas à son terme : il se prolonge. Ce que cela change, et ce qu'il faut décider avant.
L’échéance d’un bail de neuf ans inquiète souvent plus qu’elle ne le mérite, et moins qu’elle ne le devrait. Elle n’emporte pas la perte du local, mais elle ouvre une période où l’inaction a un coût.
C’est le premier point, et il rassure.
À défaut d’initiative de l’une des parties, le bail ne prend pas fin à son terme. Il se prolonge aux mêmes conditions, pour une durée indéterminée : c’est la tacite prolongation.
L’activité continue, le loyer reste celui du bail, et rien ne change dans l’immédiat.
La neutralité apparente de la prolongation masque deux effets.
Le bail prolongé peut prendre fin à l’initiative de l’une des parties par un congé délivré dans les formes, moyennant préavis. La stabilité de neuf ans est derrière, et le preneur perd la visibilité qui fondait ses investissements.
Et l’écoulement du temps produit ses propres effets : lorsque la durée effective du bail, prolongation comprise, dépasse douze ans, le plafonnement du loyer cesse de s’appliquer au renouvellement. Une prolongation confortable peut donc préparer une augmentation significative.
À l’approche de l’échéance, trois voies s’ouvrent.
Le preneur demande le renouvellement, ce qui oblige le bailleur à se prononcer et déclenche la discussion sur le loyer.
Le bailleur délivre un congé, avec ou sans offre de renouvellement. Le refus de renouveler ouvre en principe droit à indemnité d’éviction.
Aucune des parties n’agit, et la prolongation s’installe.
La troisième voie est rarement la meilleure, et elle est pourtant la plus fréquente, faute d’anticipation.
Demander le renouvellement place le preneur en position d’initiative, fixe le calendrier et déclenche la discussion à un moment choisi. Ne rien faire laisse cette initiative au bailleur.
Du côté du bailleur, laisser courir la prolongation peut au contraire servir une stratégie de déplafonnement à terme, ou préparer une reprise du local.
Les délais de cette matière se calculent par rapport à l’échéance et obéissent à un formalisme strict. Leur expiration ferme des options sans recours possible.
C’est le premier point à examiner, avant même de décider ce que l’on veut obtenir.
Nous examinons le calendrier et arbitrons entre les trois voies avant l’échéance, pour les bailleurs comme pour les preneurs. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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