Bail commercial de plus de douze ans : le déplafonnement automatique
Matthieu Ciutti
Associé fondateur
Le bailleur peut refuser de renouveler, mais ce refus ouvre en principe droit à indemnité d'éviction. Les cas où elle n'est pas due, et ce qu'elle couvre.
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Prendre rendez-vousLe bailleur peut refuser de renouveler, mais ce refus ouvre en principe droit à indemnité d'éviction. Les cas où elle n'est pas due, et ce qu'elle couvre.
Le refus de renouvellement n’est pas interdit au bailleur. Il est payant, et c’est cette contrepartie qui structure toute la discussion.
Le preneur d’un bail commercial dispose d’un droit au renouvellement, qui n’est pas absolu.
Le bailleur peut refuser de renouveler, mais ce refus ouvre en principe droit à une indemnité d’éviction destinée à réparer le préjudice causé par la perte du fonds.
Le refus n’a donc pas à être motivé pour être valable. Il a un prix.
Ce prix n’est pas dû dans certaines situations, que la loi énumère et que les juridictions interprètent strictement.
Le motif grave et légitime, tenant à un manquement du preneur, suppose une mise en demeure préalable restée sans effet et un manquement d’une gravité suffisante.
L’état de l’immeuble, lorsqu’il ne peut plus être occupé sans danger, ou certains projets de démolition et de reconstruction obéissent à des conditions propres et à des obligations de relogement ou d’indemnisation partielle.
Chacun de ces motifs se conteste, et leur invocation ne dispense pas le bailleur de les établir.
C’est le levier principal du preneur, et il est souvent mal connu.
Tant que l’indemnité d’éviction n’est pas payée, le preneur peut se maintenir dans les lieux, moyennant une indemnité d’occupation.
Ce droit inverse le rapport de force d’une négociation où le bailleur souhaite disposer du local. Il se perd en revanche par un départ anticipé, ce qui rend la décision de quitter les lieux avant paiement lourde de conséquences.
Le bailleur qui découvre le montant de l’indemnité peut, dans certaines conditions et dans un délai, revenir sur son refus et offrir le renouvellement.
Cette faculté existe tant que le preneur n’a pas quitté les lieux ni loué un autre local. Elle explique que certaines procédures se dénouent brutalement une fois l’indemnité chiffrée.
L’indemnité se chiffre avant toute négociation, des deux côtés. Un bailleur qui refuse sans avoir évalué ce qu’il devra s’expose à une mauvaise surprise ; un preneur qui accepte une offre sans l’avoir évaluée renonce souvent à l’essentiel.
Nous chiffrons l’indemnité d’éviction et examinons les motifs de dispense invoqués, des deux côtés. Voir notre pratique en baux commerciaux.
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